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L'Origine
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Chapitre 4 — La Traversée de la Forêt de la Brume (2)

Chapitre 4 — La Traversée de la Forêt de la Brume (2)

Le tigre rugit.

BOOOOOOM !

Le sol trembla sous ses pattes.

Puis il chargea.

Sa vitesse explosa.

Eric réagit immédiatement.

FWISH !

La flèche partit.

Elle visa directement l’œil.

CLANG !

Elle rebondit.

Les deux garçons écarquillèrent les yeux.

— Quoi ?!

Même le regard du tigre ne bougea pas.

Le monstre était déjà sur eux.

Ma Long bondit.

BOOM !

Son poing percuta violemment le museau.

L’impact résonna dans toute la clairière.

Le tigre recula.

Un seul pas.

Puis sa patte balaya l’air.

SWISH !

Ma Long se jeta en arrière.

CRAAASH !

L’arbre derrière lui explosa.

Des éclats de bois volèrent dans toutes les directions.

Eric décocha immédiatement deux nouvelles flèches.

FWISH !

FWISH !

La première frappa la patte avant.

La seconde l’épaule.

Le tigre rugit.

Ma Long comprit immédiatement.

— Les articulations !

Le monstre chargea encore.

Cette fois, ils bougèrent ensemble.

Eric partit sur la droite.

Ma Long sur la gauche.

Le tigre hésita.

Une fraction de seconde.

C’était suffisant.

FWISH !

Eric visa l’œil.

Mais au dernier instant le monstre tourna la tête.

Raté.

Cependant…

Ma Long était déjà là.

BOOOOOOM !

Son épaule percuta le flanc du tigre comme un bélier.

Le monstre glissa de plusieurs mètres.

Eric surgit aussitôt.

Couteau en main.

SLASH !

La patte avant fut lacérée.

Le tigre hurla.

Puis…

il bondit directement vers Eric.

Trop vite.

Beaucoup trop vite.

Les crocs arrivèrent.

Eric sentit son corps se figer.

BOOM !

Ma Long intercepta.

Les deux roulèrent au sol.

Le tigre écrasa Ma Long sous son poids.

Ses mâchoires descendirent.

Eric sentit son cœur s’arrêter.

Puis…

son corps bougea.

Instinctivement.

Plus vite que jamais.

Il attrapa une pierre.

Bondit.

Atterrit sur le dos du monstre.

SLASH !

SLASH !

SLASH !

Le sang éclaboussa.

Le tigre rugit de douleur.

Ma Long profita de l’ouverture.

Ses bras entourèrent brutalement le cou du monstre.

Ses muscles se tendirent.

CRACK !

Il projeta la tête du tigre contre un rocher.

BOOOOOM !

Le corps du monstre trembla.

Puis plus rien.

Silence.

Le tigre cessa enfin de bouger.

Les deux garçons s’effondrèrent au sol.

Essoufflés.

Après quelques secondes…

Ma Long tourna lentement la tête vers Eric.

Il le fixa longtemps.

Puis parla.

— Tu as encore accéléré.

Eric se figea.

— Quoi ?

— Tout à l’heure.

Son regard resta fixé sur lui.

— Ton saut.

Ta vitesse.

Ce n’était pas normal.

Le silence retomba.

Eric détourna légèrement les yeux.

— Peut-être l’adrénaline…

Ma Long ne répondit pas.

Mais cette fois…

il en était certain.

Quelque chose avait changé chez son frère.

 

Le soleil était encore haut lorsqu’ils reprirent la route.

Le cadavre du Tigre Croc Noir avait été rapidement dépecé. Ils n’avaient conservé que quelques morceaux de viande et une partie de la peau avant de repartir.

Plusieurs heures passèrent.

Le paysage changeait constamment.

Les arbres devenaient toujours plus immenses et le brouillard plus dense.

Ils croisèrent d’abord une meute de Loups Brumeux, des créatures gris pâle dont la taille approchait celle d’un veau. Heureusement, les bêtes étaient occupées autour d’une carcasse et ne prêtèrent aucune attention aux deux garçons.

Plus loin, ils durent contourner une harde de Sangliers de Pierre.

Ces monstres possédaient une peau épaisse recouverte d’excroissances osseuses semblables à des plaques rocheuses.

Même Ma Long préféra les éviter.

— Samba disait qu’ils chargent jusqu’à la mort, murmura-t-il.

Eric observa les bêtes labourer le sol.

— Vu leur taille… je le crois.

Ils poursuivirent.

Puis vinrent les insectes.

Le danger n’était pas toujours gigantesque.

Parfois…

il était minuscule.

Un bourdonnement étrange apparut soudain autour d’eux.

Eric s’arrêta immédiatement.

Le brouillard devant eux semblait bouger.

Puis il les vit.

Des dizaines de petits insectes noirs suspendus dans les airs.

Leur abdomen était rouge foncé et leur dard brillait faiblement.

Ma Long pâlit.

— Des Mouches Dysentériques.

Eric fronça les sourcils.

— C’est quoi encore ça ?

— Leur poison provoque le Mal du Vide.

Il baissa la voix.

— Vomissements.

Diarrhées.

Fièvre.

Déshydratation.

Eric grimaça.

— Charmant…

Les deux reculèrent immédiatement.

Samba leur avait appris qu’un guerrier affaibli dans la Forêt de la Brume était déjà mort.

Ils firent un large détour.

Plus tard, ils tombèrent sur une zone entièrement recouverte de toiles.

Des fils blancs épais comme des cordes reliaient les arbres.

Au centre…

une carcasse d’antilope pendait encore.

Vidée de tout son sang.

Ma Long ne dit qu’un mot :

— On contourne.

Eric acquiesça immédiatement.

Puis vinrent les Mille-Pattes de Cendre, longs de plus d’un mètre, rampant sous les feuilles mortes.

Des serpents arboricoles.

Des singes aux crocs démesurés.

Une fois, un rugissement si puissant résonna au loin que même Ma Long s’immobilisa.

Mais ils évitèrent tous les affrontements.

Le soleil descendait lentement.

L’air devenait plus froid.

Puis enfin…

ils arrivèrent devant une immense étendue d’eau.

Une rivière.

Ou peut-être un fleuve.

Le brouillard flottait au-dessus comme une mer blanche.

Le courant semblait calme.

Trop calme.

Ma Long sortit immédiatement la carte.

Ses yeux parcoururent les annotations.

Puis son expression changea.

— On s’arrête ici.

Eric leva la tête.

— Pourquoi ?

Ma Long lui montra une inscription laissée par Samba :

RIVIÈRE DES DEUX LUNES – TRAVERSÉE INTERDITE LA NUIT

Plus bas était écrit :

Présence de prédateurs aquatiques. Attendre l’aube.

Le silence retomba.

Eric observa les eaux sombres.

Quelque chose bougea sous la surface.

Puis disparut.

Non loin de là…

à moitié dissimulée sous la végétation…

une vieille structure en bois était encore debout.

Une tour de garde.

Ou plutôt ce qu’il en restait.

Ma Long sourit légèrement.

— Un poste des anciens.

Les villageois avaient construit plusieurs refuges au fil des siècles pour protéger les escortes et les chasseurs.

Beaucoup avaient disparu.

Mais certains tenaient encore.

Ils montèrent.

La plateforme dominait les environs.

Le bois grinçait mais restait solide.

Ils allumèrent un petit feu.

La nuit tomba.

Le brouillard envahit lentement la rivière.

Au loin…

des rugissements résonnaient encore.

Ils décidèrent de monter la garde à tour de rôle.

Ma Long prit le premier tour.

Eric s’assit contre la paroi.

Le silence revint.

Son regard se posa sur ses mains.

Depuis son réveil…

tout avait changé.

Sa force.

Sa vitesse.

Son corps.

Et cette accélération soudaine pendant le combat…

Même lui ne la comprenait plus.

Il repensa au livre.

Ou plutôt…

à ce qu’il croyait être un livre.

Mais plus il y réfléchissait…

plus le doute revenait.

Avait-il vraiment existé ?

Personne ne l’avait vu.

Il avait disparu.

Sans laisser de trace.

Était-ce un rêve ?

Une hallucination ?

Eric leva les yeux vers le ciel obscur.

Puis murmura intérieurement :

Oh destin… qu’est-ce que tu me réserves ?

Au loin…

quelque chose bougea dans la rivière.

Deux yeux apparurent brièvement à la surface.

Puis disparurent.

La nuit…

venait seulement de commencer.

La nuit se passa sans incident.

Malgré les rugissements lointains qui résonnaient parfois dans les profondeurs de la forêt, aucune créature ne s’approcha du poste de garde.

À tour de rôle, ils montèrent la garde avant de finalement s’endormir quelques heures.

 



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