Chapitre 4-2 – Menace
Gron le gobelin, Rintam l’ambitieux et, Elilim l’archimage voyagèrent à travers les dimensions, pour atteindre la planète baptisée terre du Mildiou, le lieu où vivait Cérumane. Ce monde devait son nom à cause de la présence sur la majorité des plantes d’une moisissure blanche, dont l’apparence rappelait les symptômes provoqués par le mildiou, une maladie végétale. Cependant la moisissure blanche n’empêchait pas les aliments d’être comestibles.
Cérumane l’Ancien était une personne très puissante pour tout ce qui avait trait à la magie. Il s’avérait une référence dans des dizaines de domaines surnaturels. Il maîtrisait à la perfection la magie de bataille, l’invocation, la guérison surnaturelle etc. En outre il fit évoluer considérablement la pratique des enchantements. Grâce à Cérumane, le temps de préparation pour certains enchantements avait été divisé par plus de cent. L’intervention de l’Ancien permit de transformer des actions magiques nécessitant plusieurs heures de travail, en actes quasi instantanés. Cérumane s’avérait donc une légende vivante dans le milieu des mages.
Problème s’il apprécia dans un premier temps la gloire, il finit par se lasser. Résultat le retrouver pouvait être très problématique. Pour garantir sa tranquillité l’Ancien jeta un sort d’oubli sur tous ses élèves. Ainsi ceux-ci ne purent donner de renseignements sur la localisation exacte de Cérumane. Par ailleurs l’Ancien perfectionnait quotidiennement ses sorts de dissimulation. Il était si fort en matière de discrétion, de capacité à être introuvable, qu’il marqua les mémoires avec le proverbe, aussi difficile à repérer qu’un Cérumane.
Une autre raison qui incitait l’Ancien à passer inaperçu venait du fait, qu’il s’était fait des milliers d’ennemis très désireux de l’exterminer. En effet Cérumane dans sa jeunesse avait le goût de la provocation. Ainsi il couvrit de messages injurieux des dizaines de temples et d’églises. Ceci dans le but de protester contre les nombreuses attaques dont étaient victimes les mages.
Elilim et ses compagnons se déplacèrent vers un lieu assez impressionnant, la végétation se limitait à surtout de l’herbe, mais il y avait un gouffre très profond et large sur la droite qui pouvait demander des jours de marche pour être contourné, et sur la gauche un immense lac d’eau douce grand comme une région.
Elilim : Cérumane est réputé pour être difficile à trouver, je ne crois pas que ce sera facile de le contacter.
Cérumane : Bonjour je suis Cérumane.
Elilim : Euh, ben nous voudrions un parchemin de capture démoniaque. Quel serait votre prix ?
Cérumane : D’abord je vais satisfaire votre curiosité. Je sais le danger que représente Abigor, et l’espoir qu’incarne Rintam. Donc j’ai décidé de me manifester pour contribuer à vous aider. Mais mes services ne sont jamais gratuits. Un parchemin d’enfermement d’un roi-démon vous coûtera dix pièces d’or, ou alors il faudra me rapporter le miroir enchanté de la salle infinie.
Elilim : Rintam dix pièces d’or c’est une bonne affaire, payez s’il vous plaît.
Rintam : Non c’est du vol manifeste, je choisis de m’emparer du miroir.
Elilim : Le miroir enchanté se trouve auprès de dix milliards d’autres miroirs, et dans la salle infinie il sera impossible pour nous trois d’employer la magie. Même en disposant d’un délai de mille ans, vous pourriez échouer dans cette quête.
Rintam : J’ai confiance dans mon instinct, ensuite vous avez fait une erreur d’estimation, la salle infinie ne contient pas dix milliards de miroirs mais vingt milliards.
Elilim : Pourquoi refusez-vous de payer dix pièces d’or, si cela peut vous éviter des ennuis monstrueux ? Surtout que vous avez plus d’un million de pièces d’or.
Rintam : C’est une question de principe, quand je peux éviter de payer, je saisis la moindre opportunité.
Elilim (énervé) : Donc vous êtes fier d’être avare ?!
Rintam : Non je suis économe, nuance.
Elilim (colérique) : Vous êtes avare ! Vous avez passé cinq ans de votre vie à mettre au point un sort qui ôte aux gens l’envie de demander un pourboire.
Gron : Bon je propose de se mettre d’accord en jouant à pile ou face, pile maître Rintam dépense dix pièces d’or, face on entreprend la quête du miroir.
Elilim : Très bien mais on utilise une de mes pièces.
Gron : Puis-je lancer la pièce, s’il vous plaît ?
Rintam qui était de bonne humeur autorisa Gron à se charger de la tâche souhaitée, mais il sous-estima le potentiel d’intelligence de son serviteur.
Rintam : Mais pourquoi as-tu jeté la pièce dans un gouffre, Gron ?
Gron : Parce que mon intuition me disait que c’était la chose à faire.
Rintam : Gron, dis-moi comment moi ou Elilim pourront savoir si la pièce a fait pile ou face, vu qu’elle se trouve au fond d’un gouffre de plus de cent mètres de profondeur ?
Gron : Ah j’ai négligé un léger détail.
Rintam : Éloigne toi du gouffre et recommence.
Gron : Entendu maître.
Encore une fois les merveilleuses capacités intellectuelles de Gron furent prouvées.
Rintam : Gron tu le fais exprès ou quoi ? La pièce se trouve dans un lac maintenant.
Gron : Si vous allez dans l’eau, vous pourrez toujours découvrir le résultat pile ou face.
Rintam : Voilà ce que tu vas faire Gron, tu vas t’arranger pour que la pièce tombe par terre, mais ni dans un trou ou dans de l’eau. C’est bien compris ?
Gron : Parfaitement, maître.
Malheureusement Gron lança encore une fois mal, il visa sa bouche et avala la pièce, alors il s’étouffa avec de la monnaie.
Rintam : C’est pas vrai cet abruti a ingéré la pièce ! Elilim connaissez-vous un sort qui peut sauver mon assistant ?
Elilim : Je dispose d’un sort magnétique, pièce de fer sors de l’intérieur de Gron.
Gron : Merci vous m’avez peut-être sauvé la vie.
Rintam : Bon Gron écoute moi bien, lorsque tu lanceras la pièce, tu fermeras la bouche, c’est bien compris ?
Gron : Oui maître.
Rintam (las) : Rah, pourquoi même jouer à pile ou face est une procédure longue avec toi ?
Gron : Mais c’est formidable ! Si je suis capable de transformer une tâche simple et normalement courte en longue procédure, j’ai tout ce qu’il faut pour travailler dans l’administration d’état.
Rintam : Comment ?
Gron : D’après mon père, plus on faire durer une procédure, plus on est capable de devenir un fonctionnaire haut placé. C’est génial, je vais pouvoir réaliser un rêve cher à ma famille depuis au moins dix générations. Et surtout je vais mobiliser de grandes ressources pour vous aider, maître. Il me suffira de fonder une commission pour débloquer des fonds financiers pour vous maître.
Rintam avait l’impression d’être dans un cauchemar, dans l’enfer de la stupidité. Cependant il prit sur lui pour ne pas gifler Gron.
Rintam : Gron déjà les fonctionnaires peuvent être très efficaces dans un court délai. (durcit le ton) Et puis zut occupe toi juste de lancer la pièce et oublie ces histoires de travailler pour l’état !
Gron : Mais euh.
Rintam (autoritaire) : C’est un ordre formel, lance la pièce et ne parle plus jamais de travailler comme fonctionnaire, ne pense pas à être fonctionnaire, oublie jusqu’à l’existence des fonctionnaires !
Gron : C’est dommage j’ai plein d’idées pourtant. Par exemple je pensais créer la commission oreillers moelleux.
Rintam : C’est quoi ce délire ?
Gron : Vous avez souvent l’habitude de vous éjecter quand vous lancez un sort. Donc je pensais en tant que fonctionnaire vous rendre service en améliorant le moelleux des oreillers qui servent à vous réceptionner.
Rintam était à deux doigts d’exploser de rage, des petits éclairs d’électricité apparurent autour de lui. Toutefois le désespoir l’emporta sur la fureur.
Rintam (pleure) : Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un assistant pareil ?!
Gron toujours premier pour être abruti, ne comprenait pas le contexte présent.
Gron : Les oreillers cela peut aussi servir à se cacher le visage quand on pleure.
Rintam (désespéré) : Je craque ! Au secours !
Gron : Et puis quand on est fatigué ou atteint de désespoir, un bon oreiller cela aide à aller mieux.
Rintam (touche le fond) : Je veux ma maman !
Gron : Je connais un oreiller de luxe dont le toucher rappelle la caresse d’une mère.
Elilim : Gron vous avez un accord avec un marchand d’oreillers ou quoi ?!
Elilim arriva à remonter le moral de Rintam en lui remettant des pièces d’or. Puis il invita Gron à enfin lancer la pièce destinée à déterminer les futurs choix de l’équipe. Elilim prit des précautions pour obtenir un pile, mais ses démarches furent contrariées par l’influence magique discrète de Cérumane qui mit son grain de sel.
Elilim (très étonné) : Ce n’est pas possible ma pièce truquée ne peut pas faire face normalement !
Rintam : Même le meilleur des plans est faillible, vous avez pris un engagement Elillim, il faudra que vous le teniez.
Elilim : Je n’ai qu’une seule parole. Même si je considère la quête du miroir comme débile, je ne vous empêcherai pas de l’accomplir.
Malheureusement pour Elilim l’archimage et ses compagnons, ils firent une mauvaise rencontre sur le chemin de la salle infinie. L’obstacle était une créature à tête de gorille, avec des bras recouverts de plumes de vautour, dotés de mains humaines, une queue de lézard d’un mètre, et le reste du corps qui rappelait celui d’un lion. La créature aux caractéristiques de chimère, pouvait marcher debout sans problème.
L’archimage quand il vit la chimère ne put s’empêcher de déglutir, en effet elle dégageait une puissance magique terrifiante. Elle semblait capable de raser une montagne, ou d’assécher un fleuve d’un geste voire d’une pensée. De plus on sentait un niveau élevé de méchanceté chez la créature, elle devait se complaire dans la cruauté. Elle semblait faire partie des êtres vivants qui prenaient un malin plaisir à torturer pendant longtemps leur proie.
Pour arranger les choses vu la manière de bouger de la chimère, il était évident qu’elle s’avérait rompue au combat, qu’elle avait un très bon niveau d’expérience en matière de bataille. Le malaise de Rintam l’ambitieux, et d’Elilim n’empêchait pas Gron le gobelin, d’avoir des pensées joyeuses. Cela allait bientôt être l’heure du goûter, le gobelin avait hâte de manger le gâteau qu’il cuisina. Il admettait que la créature qui barrait le passage était impressionnante, mais il avait confiance dans les aptitudes de son maître Rintam. Problème l’ambitieux était plutôt mal à l’aise, car il avait reconnu ce qui lui faisait obstacle.
La chimère s’avérait un péril très dangereux, non seulement elle tuait le corps, mais elle avait la capacité d’ingérer l’âme. Ainsi la plupart des victimes de la créature connaissait une disparition éternelle, un trépas définitif, leur esprit était contraint de servir d’énergie à la chimère. En outre les âmes dévorées subissaient une dissolution terrible à supporter. La créature mettait un point d’honneur à amplifier les souffrances que subissaient chacune de ses nouvelles victimes. Rintam commençait à paniquer, tandis que Gron s’apprêtait à commencer à déguster son gâteau.
Elilim (craintif) : Horreur je crois que la créature qui nous barre le passage est l’Abomination, une des plus viles et puissantes bêtes magiques de ce monde !
Abomination : Tu as bien deviné, je vous tuerai en temps normal, mais j’ai besoin de main d’œuvre. Si vous êtes prêts tous les trois à me jurer allégeance, à me vendre votre âme, et à verser chaque année un tribut de deux pièces de bronze pour mon culte, je vous épargnerai.
Gron : Ma réponse dépend de celle de mon maître Rintam.
Elilim : Il est hors de question que je lie ma vie à une horreur telle que vous, Abomination !
Rintam : Il y a une seule chose qui me chiffonne dans votre proposition, c’est le montant de votre tribut, j’aimerais une remise.
Elilim : Donc si j’ai bien compris cela ne vous dérange pas la damnation et le statut d’esclave, mais vous rechignez à payer une somme misérable ?
Rintam : Exactement.
Abomination : Ha, ha, ha vous êtes divertissants, comme vous m’avez fait rire, je consens à vous laisser partir.
