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Chapitre 3-2 – Ingrédients
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Chapitre 3-2 – Ingrédients

 

Le lac Kinor s’avérait un lieu réputé pour ses brochets de belle taille, plusieurs pêcheurs se vantèrent de ramener du lac des prises de plus d’un mètre de long. Ils ne mentaient pas forcément, Kinor était un endroit où les brochets mangeaient à leur faim. Le lac regorgeait de carpes. Certains dirent qu’introduire des brochets, serait néfaste pour l’ensemble de la population de poissons, mais au contraire les brochets équilibrèrent les effectifs. Les serviteurs de Rintam l’ambitieux qui n’étaient pas des orques amélioraient souvent leur ordinaire, en allant attraper du poisson au lac Kinor.

En effet il n’y avait que Gron le gobelin, et les soldats orques de l’ambitieux qui arrivaient à se nourrir correctement grâce à leur paye. Gron était le serviteur le mieux payé, et les orques pouvaient se nourrir à peu de frais. Ils se contentaient sans problème de charognes avariées. Ils disposaient d’un estomac capable de digérer sans problème une viande ayant atteint un niveau de décomposition avancée. De plus la présence d’asticots ou de vers dans une charogne ne dérangeait pas les orques. Au contraire d’après eux, cela améliorait considérablement le bon goût de la viande.

Rintam promettait un salaire convenable pour ne pas dire généreux, à ceux qu’il embauchait. Toutefois il pratiquait un système très élaboré de retenues, qui diminuait très nettement le niveau de la paye. L’ambitieux était le seul capable de comprendre les rouages de son système, car ses motifs de diminution de salaire se chiffraient par milliers.

Une fois arrivé au lac le gobelin manifesta de la perplexité, il ne comprenait pas le choix d’appât de son maître Rintam. Il démontra que ses connaissances en matière de pêche étaient risibles, toutefois Gron comblait peu à peu ses lacunes théoriques grâce à un livre.

Même s’il fallut un certain temps pour qu’il se remémore comment lire de façon efficace. En effet Gron essaya d’abord de tenir l’ouvrage à l’envers, puis à l’endroit mais il revint ensuite à l’envers à cause d’une intuition délirante lui suggérant que lire à l’envers c’était plus facile. Après il tenta de lire en commençant par la fin des phrases et non le début. Puis il ne lut qu’un mot sur cinq, il se rappela que certains messages codés obéissaient à une logique particulière, alors il voulait vérifier si son livre sur la pêche ne répondait pas aux mêmes critères. Cependant quelques baffes poussèrent le gobelin à choisir une approche plus réaliste en matière de lecture.

 

Gron : Maître je ne comprends pas, le ver de terre ne me semble pas le meilleur des appâts pour attraper un brochet.

Rintam : Je sais mais le ver de terre est gratuit, on en trouve plein dans le jardin près du donjon.

Gron : Le ver de terre est gratuit, mais ce n’est pas l’appât le mieux indiqué d’après le contenu du livre que je suis en train de lire.

Rintam : En fait j’ai l’intention d’attraper d’abord grâce au ver un petit poisson, qui servira ensuite d’appât pour attirer le brochet.

Gron : Vous vous compliquez drôlement la vie, je trouve. D’autant qu’il y a en ce moment des promotions sur le brochet à la poissonnerie de Xapar.

Rintam : Tout ce qui me permet d’économiser est bon à prendre. Bon assez discuté, ne bouge plus et admire le maître.

Gron : Maître un ours arrive, et il a l’air féroce.

Rintam : Éclairs transpercez mon ennemi. Zut la bête a l’air immunisée vis-à-vis de la magie offensive. Il faut s’enfuir, mais que fais-tu Gron ? Il faut se sauver.

Gron : Vous m’avez interdit de bouger, alors je reste immobile.

Rintam : Crétin, bouge je te l’ordonne ! Nous allons nous réfugier sur cet arbre.

 

Gron et Rintam l’ambitieux montèrent sur un chêne, pour échapper à l’ours qui les poursuivait. La bête était de belle taille, elle mesurait plus de deux mètres cinquante, et pesait plus de trois cents kilos. L’animal possédait une fourrure marron, il s’agissait vraisemblablement d’un ours brun. La bête avait quelques signes de mutations physiques surnaturelles, comme par exemple le fait de posséder huit pattes, dont deux qui rappelaient celles du canard. Rintam sentit que l’ours avait été en contact la pierre malnérale, un caillou ayant la propriété de décupler les facultés des pratiquants de la magie noire.

L’exposition pouvait expliquer la résistance aux sorts de l’animal. Ce constat s’il aidait l’ambitieux à comprendre la situation, ne le tirait pas d’affaires. En effet Rintam était plus un cérébral qu’un guerrier, il savait concevoir des plans, mais il n’avait pas beaucoup d’entraînement quand il s’agissait de se battre.

Pour corser les choses l’ours semblait un animal très patient, il avait l’air capable d’attendre durant des heures que ses proies se fatiguent. La bête n’avait son apparence de mutant que depuis un an, son aspect faisait peur aux femelles qui refusaient énergiquement de s’accoupler avec lui. Par contre les canards trouvaient l’ours très attirant, celui-ci véhiculait une odeur qui attirait et donnait du plaisir aux oiseaux.

L’animal pensait de plus en plus à se suicider, mais son instinct de survie le maintenait en vie. Quand quelque chose rappelait la magie noire à l’ours, celui-ci avait tendance à devenir fou de rage. Or Rintam en tant que sorcier, avait le corps imprégné de l’odeur de la sorcellerie. Par conséquent flairer la senteur de magie noire de l’ambitieux, énervait profondément l’ours.

L’animal semblait très haineux, manifestait une rage palpable, ce qui s’annonçait franchement inquiétant. Il paraissait capable d’être prêt à attendre très longtemps avant de renoncer. Rintam n’avait pas peur de patienter, mais il craignait que Gron ne finisse par s’endormir et chute vers l’ours, se faisant ainsi déchiqueter par une bête féroce, ou alors qu’il se livre à une pitrerie fatale.

L’ambitieux avait beau avoir de nombreux défauts moraux, il ressentait une affection sincère pour Gron. Il apprit à l’apprécier malgré sa tendance notoire à gaffer. Le gobelin était un compagnon de longue date, il soutenait son maître depuis plus d’une décennie. Et même s’il était un champion pour la bêtise, il manifestait une véritable fidélité. Or Rintam savait au fond de lui que les gens véritablement loyaux s’avéraient des trésors inestimables, une ressource rare.

Cependant il risquait de perdre son camarade dans un avenir proche, la branche était assez solide pour supporter le poids des deux grimpeurs. Toutefois Gron se livrait à des singeries dangereuses pour lui. Il essayait de s’approprier une feuille de chêne en se mettant debout et sur la pointe des pieds.

 

Rintam : Gron cela suffit assieds toi je te l’ordonne.

Gron : Que faisons-nous alors maître ?

Rintam : On attend que l’ours se lasse.

Gron : Cela peut être long, il n’y a rien que nous puissions faire pour passer le temps ?

Rintam : Se tenir tranquille, c’est la meilleure chose à faire pour que la bête se désintéresse de nous.

Gron : Je déteste attendre, je veux faire quelque chose.

Rintam (ironique) : Attends j’ai une idée, nous pourrions danser en attendant que l’ours s’en aille.

Gron (sincère) : Cela tombe bien, je voulais m’entraîner à la polka avec quelqu’un.

Rintam : Je me moque de toi imbécile. Après mûres réflexions, il y a peut-être moyen de nous en sortir. Tu t’es entraîné à la magie illusoire dernièrement. Es-tu capable de générer une illusion pouvant effrayer l’ours ?

Gron : Tout à fait, je peux créer une illusion faisant croire que je suis un saumon.

Rintam : Les ours adorent le saumon, idiot tout ce que tu vas faire avec ton illusion pourrie, c’est attirer l’ours vers toi, tu es le roi des sots.

Gron : Je sais, je suis un entraînement très poussé au saut afin d’atteindre rapidement des branches en cas de danger.

Rintam (sarcastique) : Et ton apprentissage de l’idiotie il avance bien ?

Gron (sincère) : Il est en bonne voie, faire semblant d’être un sacré imbécile augmente les chances de survie, grâce au fait de créer de la pitié chez certains adversaires.

Rintam (se maîtrise difficilement) : Retiens toi d’étrangler Gron, retiens toi.

Gron (joyeux) : Au contraire ne vous gênez pas !

Rintam : Hein ?

Gron : Quand je manipule des cordes, je manque parfois de m’étrangler jusqu’à la mort. Si quelqu’un comme vous pouviez prendre le temps de m’étrangler à intervalle régulière, cela accroîtra ma résistance. (ajoute sur un ton fier) Donc je serai plus apte de survivre à la traîtrise des cordes.

Rintam : Gron ta bêtise est telle, que j’ai envie de me jeter dans les griffes de l’ours ! Ha, ha, une vipère a mordu l’ours à la tête, partons pendant que la bête est inconsciente.

 

Gron le gobelin et Rintam l’ambitieux réussirent à semer l’ours. La bête se réveilla au bout de quelques heures en étant groggy, mais elle disposait d’une résistance suffisante pour que le venin présent en elle ne mette pas ses jours en danger. Au bout de trois jours les effets de la morsure de la vipère, furent totalement dissipés chez l’animal. Rintam ressentit de la joie d’avoir survécu à l’assaut de l’ours, de rester en vie et de n’avoir pas été blessé. Il était aussi content que Gron s’en soit tiré en bon état.

Mais la bonne humeur de l’ambitieux s’évanouit, quand il réalisa qu’il oublia le matériel de pêche destiné à attraper du brochet. Rintam ne dépensa pas beaucoup d’argent pour sa canne à pêche et ses appâts, il paya le tout dix pièces de bronze, et il s’avérait riche. Toutefois il se lamenta intérieurement, devant la perspective d’avoir à réaliser une nouvelle dépense.

Finalement il se rassura, il y avait moyen d’avoir une canne à pêche rudimentaire et gratuite, en demandant à un de serviteurs de la fabriquer. Si aucun des domestiques ne savait construire une canne à pêche, il restait la possibilité de la confiscation. L’ambitieux n’avait qu’à punir un de ses larbins, et à s’approprier son matériel de pêche, au lieu de faire une retenue sur salaire. Dans le cas où il ne trouverait aucun motif légitime de punition, il n’y aurait qu’à imaginer un prétexte fallacieux, pour justifier le vol d’une canne à pêche et d’appâts.

Gron en avait marre de la pêche, son aventure avec l’ours le dégoûta de l’envie d’attraper des poissons. Alors il demanda à son maître, si celui-ci était prêt à recourir à une solution simple pour obtenir du brochet. Le gobelin faisait souvent l’éloge du comportement avare de son maître Rintam, en présentant de la radinerie manifeste comme de l’économie judicieuse. Mais cette fois il s’avérait fermement décidé à inciter son supérieur hiérarchique à payer. Il devait cependant affûter son argumentation pour combattre efficacement la radinerie de son maître. Mais il ne trouva rien d’efficace d’après lui même après plusieurs heures de réflexions.

Tant pis Gron allait quand même tenter de défendre ses idées. Alors que son maître se préparait à sortir, qu’il allait faire ouvrir la porte principale du donjon, une grande porte en bois massif doublée d’une herse métallique en fer noir, le gobelin jugeait urgent d’intervenir.

 

Gron : Maître êtes-vous disposé, à ce que j’aille chez le poissonnier de la ville de Xapar ?

Rintam : Non je n’ai pas envie d’être arnaqué, je vais y aller moi-même et négocier les prix.

Gron : Il se trouve que le vendeur de poissons de Xapar propose les meilleurs prix de la région.

Rintam (très sûr de lui) : Mon éblouissant charisme permet beaucoup de choses. Je suis certain qu’en m’entendant parler, le marchand sera très tenté de me donner gratuitement plusieurs kilos de brochet, et peut-être même de m’offrir sa boutique, sa famille, sa vie, et deux à trois autres babioles.

Gron : Ah oui en ce moment, zut le maître est encore parti sans que je puisse le prévenir d’une chose importante.

 

 



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