Chapitre 3-3 – Ingrédients
Le poissonnier habituel de la ville de Xapar était un homme aimable, poli et peureux. Si on le menaçait et qu’on avait des pouvoirs magiques ou de gros muscles, généralement le poissonnier acceptait de se plier aux exigences qu’on lui formulait. En fait même une personne chétive et sans aptitude pour la magie s’avérait susceptible de contraindre le poissonnier à exécuter ses quatre volontés. D’ailleurs le côté soumis et peureux du poissonnier de Xapar était célèbre au point, qu’il provoqua l’existence du proverbe craintif comme un marchand de poissons. Problème le poissonnier était remplacé de temps à autre par une autre personne qui pouvait être peu commode, et surtout capable de donner une correction sévère à quelqu’un de très costaud.
Rintam : Mais vous êtes monsieur Elilim l’archimage de la boutique de magie, que faites-vous en tant que vendeur d’une poissonnerie ?
Elilim : On dit bonjour quand on entre chez quelqu’un, grossier personnage.
Rintam : Excusez-moi j’ai été surpris, ah oui et bonjour.
Elilim : Le poissonnier étant malade, et ma boutique étant fermée aujourd’hui, j’ai décidé de le remplacer par amitié.
Rintam : J’aimerais trois kilos de brochet s’il vous plaît.
Elilim : Cela fera quinze pièces de bronze.
Rintam : Mais c’est une honte, un attentat, un racket organisé, une terrible manigance, une infamie sans précédent. Je vais vous dénoncer pour vol et brigandage, je vais demander à ce qu’un juge vous pende haut et court.
Elilim : Ce n’est pas moi qui décide des tarifs de cette boutique, mais je les trouve franchement avantageux. Si vous ne voulez pas payer dans ce cas, je vous dis bon vent. Mais vous ne partirez pas les mains vides, je vous jette une malédiction gratuite.
Rintam : Pitié, je me suis laissé emporter par mon tempérament économe, je suis sincèrement désolé.
Elilim : Comme vous êtes franchement pathétique, je renonce à vous maudire. Mais attention la prochaine fois que vous m’insulterez, je ne serai pas forcément clément.
Sur le chemin du retour vers le donjon, Domus un voleur essaya de détrousser Rintam. Il se servait pour la première fois d’une arbalète. Domus menait une vie confortable en tant que rentier, qui disposait de revenus réguliers et conséquents. Mais il avait envie de frissons, alors il décida de devenir un bandit. Malheureusement il était peu précautionneux en matière de brigandage. Par exemple il ne prenait pas la peine de cacher son visage, avec un foulard ou un masque. Son envie de jouer les voleurs était due à des lectures de romans.
Domus tenta de proposer sa candidature au sein de plusieurs bandes de scélérats, mais ses faibles aptitudes de combattant, son manque d’endurance et sa volonté d’avoir une grosse part de butin, lui valurent surtout des moqueries, des brimades et des refus secs.
Puisque Domus ne pouvait pas pour l’instant appartenir à un groupe de voleurs, il décida de faire carrière seul. Malgré le fait qu’un bandit isolé s’avérait beaucoup moins intimidant qu’une bande, et aussi bien plus facile à neutraliser. Il choisit de faire d’un bosquet de haie son lieu de prédilection pour les attaques. C’était un végétal pouvant au mieux cacher un humain maigre et petit. Mais Domus jugeait crédible en cas de besoin d’affirmer qu’il avait des centaines de personnes planquées derrière.
Domus : Haut les mains, c’est une attaque.
Rintam : Tu as mal mis le carreau de ton arbalète, il faut que la pointe soit tournée vers toi.
Domus : Ah bon, merci pauvre andouille. Mais que se passe t-il ? La corde de mon arbalète a été coupée par la pointe, quand j’ai actionné mon arme.
Rintam : Qui est l’andouille maintenant ?
Domus : Vu ton nez de cochon, tu dois être une andouille 100% pur porc.
Rintam dégaina une épée, et manifesta des intentions très hostiles.
Rintam : Tu vas mourir très lentement je te le garantis.
Domus : Pitié épargne moi et je te donnerai de l’or.
Rintam : Très bien, si tu me remets cent pièces d’or je te laisse vivre.
Domus : Je n’ai que vingt pièces d’or.
Rintam : Dans ce cas-là prépares toi à décéder.
Domus : Attends je n’ai pas assez de pièces d’or, mais tu devrais réfléchir à deux fois avant de t’en prendre à moi.
Rintam : Et pourquoi ?
Domus hésitait à user de son arme secrète, mais il voyait la situation comme très préoccupante. Il devait réagir avec fermeté, s’il désirait survivre. Certes il ne commit jamais de meurtre, ou d’autres actions faisant couler beaucoup de sang chez un homme. Il ressentait un certain malaise à oser employer un arcane interdit, qu’il se promit de sceller à jamais, de ne pas employer même dans les cas désespérés, mais il voulait s’en tirer. Aussi il se décida à pleurer à chaudes larmes.
Domus : Ouin, ouin !
Rintam : Tu es affligeant, je me couvrirai de honte en te tuant. Remets-moi ton or et on sera quittes.
L’ambitieux invoqua sans le faire exprès une flamme dans sa main gauche sous un accès de mépris, et il constata un fait étrange. Il ne fut pas propulsé, il resta sur place. Il parvint à matérialiser une flamme sans se faire bobo, il en fut assez estomaqué. Il faillit d’ailleurs en perdre tous ses moyens. Domus voyant que son adversaire avait l’esprit ailleurs, en profita pour s’enfuir à toute jambes, tout en laissant son argent à son ennemi.
Rintam bien que la vue de l’or le rendait habituellement très joyeux, s’avérait d’humeur morose. Il avait l’impression d’avoir commis un geste très répréhensible, qu’il regretterait pendant longtemps. Il avait gagné de l’argent, mais d’un autre côté il se sentait profondément mal à l’aise. Il éprouvait un profond désarroi pour sa conduite avec Domus le bandit. Il estimait qu’il avait commis un acte dont les conséquences étaient lourdes. Il espérait de tout son cœur qu’il réussirait à éviter d’avoir de nouveaux écarts de conduite.
Gron remarqua le désarroi de son maître, alors qu’il était en train de nettoyer une statue grise représentant l’ambitieux à l’intérieur du donjon.
Gron : Que vous arrive t-il maître ? Vous avez l’air très déprimé.
Rintam (très déprimé) : J’ai commis un acte horrible, j’ai consenti à faire un rabais ! J’ai exigé cents pièces d’or, mais je me suis contenté d’un paiement de vingt pièces.
Gron : Je ne vois pas en quoi cela est dramatique.
Rintam : Tu ne te rends pas compte, mon geste de conciliation va attirer sur moi les rires, et les moqueries. Je suis un homme fini.
Gron : Et pourquoi ne rapportez-vous pas de poisson, maître ?
Rintam : Parce que je n’avais pas envie d’être volé. Tu vas espionner les clients de la poissonnerie de Xapar, et tu voleras les déchets de brochet dès que le poisson aura été consommé.
Gron : Quitte à voler, pourquoi ne pas agir tant que le brochet n’est pas mangé ?
Rintam : Cela pourrait m’amener des histoires avec le poissonnier. Ce n’est pas que j’ai peur de lui, mais je sens qu’il vaut mieux que je le laisse tranquille.
Gron pendant sa quête de poisson fut assailli par Domus le scélérat. Le voleur changea d’arme, il remplaça son arbalète endommagée par un arc. Comme il était très doué il avoua spontanément à une patrouille de la milice locale de Xapar, ses intentions de dérober de l’argent. Heureusement en même temps que le bandit parlait, un vacarme infernal éclata. Ainsi le lapsus de Domus ne fut entendu par personne. La patrouille alertée par le bruit suspect, délaissa le voleur pour s’intéresser à l’origine du raffut. Pour éviter de se faire avoir encore une fois, Domus demanda à celui qui lui avait remis un arc, dans quel sens se mettait la flèche quand on tirait. Le voleur avait le pressentiment que Gron serait une proie facile. Il se mit en embuscade à l’endroit habituel, près de sa haie favorite.
Domus : Halte donne-moi tout ton argent.
Gron : Tu m’as l’air novice au maniement de l’arc.
Domus : En effet, mais j’apprends vite.
Gron : Sache quand même une chose, pour blesser ou tuer quelqu’un une flèche c’est superflu. Jeter l’arc sur son ennemi c’est suffisant.
Domus : Merci de l’information imbécile, maintenant meurs. Mais pourquoi es-tu vivant ? Tu as reçu mon arc en pleine tête.
Gron : L’arc perd en efficacité quand on l’emploie avec les mains et non les fesses.
Domus : Ah merci pour la peine je te laisse partir sans te voler.
Gron : De rien.
Domus le bandit était nul en logique, mais il était persévérant, aussi après avoir baissé son pantalon, il essaya pendant des heures de balancer des flèches et son arc avec son derrière, malgré un manque de résultat positif.
Gron le serviteur gobelin repartit en quête de poisson après son échange avec le voleur. Il pensa à dissimuler son visage, mais il oublia que sur sa veste, il y avait marqué en gros caractères son prénom. De plus le gobelin commit l’erreur d’enlever sa cagoule pour s’éponger le front. Ainsi l’ensemble des habitants de la ville de Xapar, comprit que Rintam envoyait ses serviteurs, fouiller dans les poubelles.
Gron eut quelques difficultés à collecter des déchets de brochet, il dut lutter d’abord contre un chat errant. Puis les cris du félin, attirèrent d’autres congénères, qui se joignirent à la bagarre. Gron qui se sentait mal à l’aise ne trouva rien de mieux que de recourir à une illusion, qui lui donna l’apparence d’un saumon frais. Alors les chats se déchaînèrent contre lui, finalement le serviteur s’en tira grâce à la chance. Les miaulements des matous dérangèrent une meute de chiens, qui faisait la sieste. Les cabots arrivèrent involontairement à la rescousse, et poussèrent les chats à s’enfuir. Le gobelin eut quand même une belle frayeur, une fois l’illusion dissipée, car il se demandait comment allaient réagir les molosses.
Heureusement le chef de la meute avait été nourri quelquefois par Gron, il éprouvait de la sympathie pour le gobelin. Ainsi il ordonna aux autres chiens de laisser tranquille le serviteur. Gron revint voir son maître dans la salle des rituels majeurs.
Gron : Voici ce que vous vouliez maître.
Rintam : Ce sont des arrêtes de truite que tu m’as rapporté imbécile.
Gron : Cette fois j’ai ce que vous avez demandé.
Rintam : C’est un os de poulet que tu tiens dans la main.
Gron : Je suis sûr d’avoir réussi cette fois.
Rintam : De mieux en mieux, tu as dérobé une corne de vache. Dis-moi tu sais reconnaître le corps d’un brochet ?
Gron : Je ne sais pas à quoi ressemble un brochet, mais je me suis dit, que je pouvais acquérir ce qu’il vous fallait grâce à mon instinct.
Rintam (amer) : Tes mains ne te sont pas très utiles.
Gron (sincère) : J’obéirais à vos ordres, je transporterai du poisson en le tenant avec mes pieds.
Rintam : Et comment feras-tu pour te déplacer ?
Gron : J’userai de mes fesses musclées pour faire des petits bonds de quelques centimètres.
Rintam (las) : C’est décidé je vais invoquer par magie un brochet.
Gron : Êtes-vous sûr qu’une invocation magique soit une bonne idée ? Vous êtes un débutant dans ce genre d’art mystique, et vous manquez de matériel pour assurer votre sécurité.
Rintam : Tu oublies une chose Gron, je suis un génie incommensurable. Par conséquent tout est facile pour moi dès lors que je fais attention. J’ai trouvé un parchemin d’invocation de brochet, dans les poubelles de la boutique de magie de Xapar.
Gron avait des points faibles en matière de magie, mais il était quand même capable avec précision de déceler le danger. Or là ses sens magiques lui hurlaient que l’initiative de son maître promettait un désastre. Il détecta sur le parchemin une aura remplie de promesses funestes.
Gron : Maître je vous conjure de renoncer, je sens que de gros ennuis nous arriveront si vous persistez.
Rintam : Tais-toi et admire le génie en action, par le souffre, le bouc et le rat qu’un brochet de belle taille apparaisse. Houlà il y a beaucoup de fumée. Trop en fait, aurais-je commis une erreur ?
La fumée devenait de plus en plus épaisse, en outre sa couleur était assez variable. De blanche, elle passa à noire, puis verte et enfin rouge. Elle se trouvait au niveau du sol, puis elle monta petit à petit jusqu’à atteindre le plafond. Rintam l’ambitieux espérait que la fumée n’était pas toxique. Apparemment ce n’était pas le cas, car Rintam ne toussait pas et ne se sentait pas spécialement mal, mis à part une légère angoisse.
Gron le gobelin lui paniquait carrément, il imaginait qu’il allait mourir dans d’atroces souffrances, à cause de la vapeur tiède qui se répandait dans la salle des rituels de l’ambitieux. Au grand soulagement du gobelin, la fumée se concentra dans un seul endroit, elle cessa de remplir la grande salle de plus de cent mètres carrés. La vapeur prit une forme ronde, carrée, rectangulaire, enfin elle représenta une silhouette.
Alors l’inquiétude envahit de nouveau Gron, car la silhouette était monumentale. Elle touchait presque le plafond, bien qu’il y ait plus de cinq mètres d’écart entre le plafond et le sol dans la pièce. La vapeur se mit encore à évoluer, d’abord elle prit une forme de taureau, de serpent, puis d’humain avec des cornes de bouc de plus d’un mètre de long recourbées vers le bas, et doté d’ailes de chauve-souris de plus de dix mètres d’envergure. La fumée gagnait constamment en consistance. Plus le temps passait plus elle donnait l’impression de devenir quelque chose de solide, ou plutôt quelqu’un que pratiquement rien, ni personne ne pourrait arrêter.
La personne qui s’était matérialisée à partir de la vapeur dégageait une aura de majesté et d’effroi en même temps. Elle s’avérait très attirante physiquement, mais en même temps repoussante dans le sens qu’elle provoquait une grande peur, tellement elle irradiait de la malveillance.
???? : Ha, ha je suis enfin libre, après des millénaires d’enfermement.
Gron : Il est bizarre votre brochet maître, il sait parler et il n’a pas de nageoires ou d’écailles.
???? (un peu énervé) : Idiot je ne suis pas un brochet, mais Abigor le roi-démon dit le mal absolu, le champion toute catégorie des longues siestes.
Rintam : C’est grâce à moi que vous êtes sorti de votre prison, cela mérite une récompense.
Abigor : En effet pour m’avoir rendu la liberté, je vais t’accorder une chance de survivre. Si toi ou ton serviteur arrive à esquiver pendant une minute mes coups, vous serez tous les deux épargnés.
Rintam (abattu) : On est morts, mes réflexes sont moyens, quant à toi Gron tu es nul sur le plan du courage, de la stratégie, de la force, et de la technique de combat.
Gron : Peut-être, mais je suis tout de même très doué pour éviter les attaques, je relève le défi.
Le gobelin bêta était terrorisé intérieurement, il tremblait comme une feuille et ses dents s’entrechoquaient. Mais il était aussi fidèle à son maître, aussi il participa malgré sa peur palpable à un défi destiné à le sauver lui et son supérieur hiérarchique.
Au début Abigor le roi-démon fit des coups lents et très prévisibles, car il tenait à s’amuser avec Gron. Puis voyant la facilité avec laquelle le bêta évitait de se faire toucher, Abigor changea de tactique, il accéléra de plus en plus vite, toutefois le gobelin réussissait toujours à rester vivant. Cette résistance imprévue énerva profondément le roi-démon. Heureusement sa fierté l’empêchait d’utiliser tout son savoir-faire en boxe, pour tenter de tuer le bêta. Quand Abigor sut qu’il restait moins de vingt secondes avant que son défi ne soit fini, la tentation l’effleura de recourir à un sortilège pour handicaper Gron. Mais Abigor se dit qu’il se couvrirait de ridicule, s’il utilisait sa magie pour terrasser un gobelin, un être vu comme insignifiant par lui. Le roi-démon estimait qu’il risquait d’être la risée de ses rivaux, s’il s’abaissait à recourir à un enchantement contre le bêta.
Durant les cinq dernières secondes du duel Abigor se réveilla, et usa de techniques avancées de boxe, de feintes élaborées et de coups retors pour essayer de toucher Gron. Toutefois le gobelin demeurait insaisissable comme le vent. Le roi-démon ne put retenir un sifflement d’admiration, devant la capacité du gobelin à éviter les coups. Abigor s’entraîna pendant des milliers d’années à la boxe, il perfectionna ses aptitudes auprès des plus grands boxeurs de l’histoire. Pourtant un simple gobelin réussissait à lui tenir tête dans un combat physique. Le roi-démon s’avérait rouillé à cause de son séjour forcé dans le parchemin magique, mais tout de même Gron réalisa une sacrée performance.
L’exploit du gobelin était surtout dû à sa couardise naturelle. La lâcheté du bêta l’avait doté d’un sixième sens d’un niveau extrême, quand il était en danger. Ainsi Gron s’avérait capable grâce à ses intuitions de prévoir la trajectoire d’une flèche tirée par un arc. Il avait une sorte de pouvoir spécial d’esquive.
Abigor : Je n’ai qu’une parole, vu que Gron a évité toutes mes attaques, vous vivrez donc tous les deux jusqu’à ce que commence mon apocalypse.
Suite à ses mots le démon se téléporta, son sort de déplacement produisit une légère fumée blanche dans la pièce où se trouvaient Gron et Rintam.
Rintam : Gron, vu ce qui s’est passé, je te demande d’aller chez le poissonnier de Xapar, acheter du brochet. Je veux que tu le tues tout en le torturant, s’il refuse de marchander avec toi.
Gron : J’aime bien le poissonnier, je refuse de le tuer, par contre je peux le traiter de méchant.
Rintam (énervé) : Augmente au moins l’ampleur de tes insultes, tu es juste pathétique là !
Gron : Marché conclu maître. Je vais dépasser mes limites en terme d’éloquence. Je dirai que le marchand est un méchant pas beau !
Rintam (déçu) : Hein c’est tout ? Il y a un sort qui t’interdit d’être impoli ou quoi ?
Gron : Pourtant cela me demandera un très gros effort de volonté de dire méchant pas beau à quelqu’un qui est mon ami, vous savez.
Rintam : C’est quoi ce nouveau délire ?
Gron : J’ai le sentiment que le câlinou cosmique va me punir très sévèrement si je me montre trop insultant envers mes amis.
Rintam : J’ai compris, c’est encore un de tes préceptes religieux débiles. La semaine dernière tu avais peur du tentacule suprême, il y a quinze jours du verre de terre danseur de polka, il y a un mois du champion divin de la sieste. Tu trouves toujours un prétexte pour avoir peur de quelque chose. C’est affligeant !
Gron : Au contraire je suis prévoyant. La lâcheté sans vergogne est la clé de la survie.
Rintam (crie) : Tu veux être le plus grand couard de l’histoire du monde ? !
Gron (exalté) : Parfaitement, je ne reculerai devant rien pour assurer mes arrières. D’ailleurs si vous voulez bien m’excuser je dois parfaire ma technique de la super carpette inoffensive.
Rintam (murmure) : Je suis dans un cauchemar.
Gron se livra dans sa chambre à du bricolage, après avoir constaté qu’il était capable de se prosterner en moins d’un dixième de seconde. Il se concentra sur sa réalisation la plus récente, un bel ouvrage mine de rien, même si sa taille peu importante nuisait un peu à sa grandeur.
