Le Chevalier des Elfes
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Les elfes gagnèrent pendant un temps la tranquillité grâce aux reliques du Néant. Mais les humains étaient tenaces, puisqu’ils ne pouvaient plus triompher par l’affrontement direct, ils avaient recours à la guérilla. Les plus hostiles des humains à l’égard des royaumes elfiques étaient des cultistes du Néant. Certains politiques comme le roi Hertio, proposaient de dupliquer les reliques du Néant pour faire taire toute envie d’agression chez les hommes. Arthur le vampire avait une vision différente.

Hertio mit au point une méthode secrète, sacrifier des milliers d’âmes d’humains pour chaque relique créée. Toutefois ce n’étaient que des copies imparfaites, bien que très puissantes elles n’avaient qu’un dixième du pouvoir magique des œuvres originales. Au lieu des reliques majeures trouvées par Arthur, Hertio n’obtenait que des reliques mineures bien moins redoutables. Il chargea des mages elfes de se concentrer uniquement sur la conception de dizaines de reliques du Néant pour plusieurs motifs.

La première raison était sa haine d’Arthur et sa volonté de le contrer. Dès que le vampire avait un projet, le roi avait pour habitude d’essayer de l’empêcher de se concrétiser, quand bien même il admettait que l’idée de son ennemi pouvait avoir des conséquences très positives. Hertio faisait passer ses désirs personnels avant le bien-être du peuple, il pouvait se montrer un monstre d’égoïsme, quand il avait envie de démolir quelqu’un. Quand il éprouvait un fort ressentiment contre une personne, il oubliait les notions comme le bien public, si cela lui permettait de ridiculiser son adversaire.

La deuxième motivation du roi consistait en son amour de l’épée. Hertio espérait rendre plus populaire l’usage de ce type d’arme, en obtenant des victoires militaires, en faisant des copies de l’épée du Néant. Arthur créa une mode des griffes de combat, chez beaucoup de nobles et de guerriers elfes. Résultat l’épée bien qu’elle reste l’arme de prédilection chez la majorité des elfes cédait chaque année du terrain face aux griffes de combat. Or Hertio ne supportait pas cette situation, il considérait que l’épée était l’arme la plus digne qui soit pour les elfes, que les griffes de combat constituaient des outils barbares.

Hertio croyait que sa manigance avec les reliques mineures lui rendait surtout service. Mais il servait aussi des intérêts non liés à lui. Il renforçait le nombre d’individus souillés par le Néant. Même en s’entourant de précautions particulièrement élaborées la production de reliques présentait un risque réel de propager une corruption morale et magique. Surtout que Hertio insistait lourdement pour que les règles de fabrication soient allégées au maximal.

Ainsi les reliques mineures devenaient au fil du temps des armes à double tranchant. Elles apporteraient sans doute la mort sur beaucoup d’humains, toutefois elles causeraient aussi probablement la damnation de nombreux elfes. Elles aideraient des démons à faire une véritable moisson d’âmes, à se gaver de puissance, et à établir un règne de terreur sur les royaumes elfiques.

Hertio jouait une partie vraiment dangereuse pour ses sujets et ses semblables, mais il s’en fichait éperdument. Il était obnubilé par sa volonté d’accroître son pouvoir politique au détriment d’Arthur. Et il voyait les reliques mineures comme un excellent moyen d’entrer dans la légende au détriment du vampire. Seulement il participait à un plan qui le dépassait franchement. Il œuvrait involontairement à augmenter l’emprise du Néant sur le monde matériel. Et le plus pathétique venait de son absence totale de soupçons.

Encore une fois le Haut-Parlement devint le théâtre d’affrontements verbaux entre Hertio et Arthur.

Hertio : Chaque jour le Néant obtient le soutien de centaines voire de milliers de nouveaux adeptes. Pour conjurer cette menace, les elfes ont besoin de puissance. Or les reliques du Néant sont les armes les plus puissantes du monde.

Arthur : Combien de reliques mineures du Néant seront nécessaires d’après vous pour contenir la menace des esclaves du Néant ?

Hertio : Entre cinq cents et mille.

Arthur : Quel délai donnez-vous aux magiciens elfes pour forger des reliques du Néant ?

Hertio : Un an.

Arthur : C’est trop peu, il faudrait au moins un délai de cent années, pour rendre non dangereuse la fabrication d’une relique mineure du Néant. En rognant sur les délais vous faites courir aux guerriers qui recevront une relique du Néant de sérieux risques de devenir des esclaves du Néant, et donc une grave menace pour les elfes.

Hertio : Les elfes sont dans une situation d’urgence, il faut prendre des risques pour sauver les royaumes elfiques de la destruction. En outre les guerriers qui accepteront de posséder une relique du Néant seront très surveillés, jour et nuit un groupe de cinq soldats les épieront. Au moindre indice de corruption par le Néant, le possesseur d’une relique sera soumis à une purification, et si la contamination par le Néant s’avère trop importante, le corrompu sera tué.

Arthur : Avec seulement cinq reliques du Néant, les elfes ont frôlé plusieurs fois la catastrophe. Réussir à gérer cinq cents reliques sans subir de graves problèmes relève de l’utopie.

Hertio : Avez-vous une autre solution plus fiable pour protéger les elfes, que l’emploi de nouvelles reliques du Néant ?

Arthur : Donner l’appellation de solution à votre projet est téméraire, votre majesté. En outre j’ai une idée moins dangereuse que votre proposition, elle consiste à apprendre aux nains, l’ensemble des secrets des elfes par rapport à la magie offensive.

Hertio : Je ne crois pas que dévoiler des secrets d’état importants soient une solution.

Arthur : Les nains sont des alliés fidèles.

Hertio : Et aussi des rivaux prononcés, il est déjà arrivé que nous entrions en guerre contre eux dans le passé.

Le vampire dut céder la victoire à Hertio sur le plan des débats. Si Arthur devait se soumettre en apparence au vote des politiques, il ne renonçait pas à jouer un tour à sa façon. Il comptait bien saboter de manière irrémédiable la production de reliques mineures du Néant. Il agissait en partie pour des motifs égoïstes. Il était pressé de nuire à un rival comme Hertio. Mais il avait aussi de bonnes raisons d’avoir des craintes. Il connaissait suffisamment bien les effets des reliques sur les personnes mal préparées, pour savoir qu’un objet lié au Néant manié sans précaution extrême apportait fréquemment des conséquences néfastes.

Et le vampire pensait que les promesses d’Hertio sur la surveillance des reliques mineures c’était du pur bluff. Qu’il y aurait de sacrées failles dans la sécurité. Le rival était une personne pas spécialement avare, mais il souffrait d’une tendance telle dans la recherche de prestige, qu’il pourrait difficilement s’empêcher de faire de graves entorses à la prudence, si cela lui garantissait une grande gloire.

Hertio avait promis une production d’un nombre important de reliques. Or d’après Arthur ce serment ne serait honoré qu’en choisissant d’adopter un comportement franchement téméraire dans la conception d’objets du Néant. Le vampire admettait intérieurement qu’il existait une part de ressentiment et d’arrivisme qui expliquait son désir de s’opposer à son rival.

Mais il était aussi plutôt convaincu d’adopter une décision vertueuse. Qu’il sauverait des vies et des âmes en choisissant de s’assurer qu’Hertio perde ses moyens de production. D’ailleurs une petite voix dans la tête du vampire lui soufflait de régler le problème d’une façon morbide, de vider de son sang le rival. Arthur était assez tenté de céder à la volonté de boire jusqu’à ce que mort s’ensuive le fluide rouge d’une personne comme Hertio. D’ailleurs son instinct lui soufflait qu’il apporterait beaucoup à ses sujets en s’abandonnant à sa pulsion.

Certes il franchirait une ligne morale en choisissant de boire du sang d’elfe. Mais la satisfaction de tuer le rival serait sans doute très plaisante. Finalement Arthur renonça à son projet par crainte de se contaminer, il croyait dans le principe de l’hérédité spirituelle, de la transmission d’une génération à l’autre des tares morales, qu’il existait un facteur physique pour expliquer l’ignominie. Alors il avait peur qu’en buvant le sang d’Hertio, il corrompe sa nature.

Certes le vampire ne se savait pas tout blanc, au contraire il avait de nombreuses victimes sur la conscience. Toutefois il pensait que s’abreuver sur son ennemi signifierait qu’il serait davantage tenté par des actions cruelles sans avoir de nobles motivations.

Arthur sélectionnait très soigneusement ses proies, il essaya de choisir des gens avec un bon niveau de moralité pour satisfaire sa soif de sang. Il pensait que c’était un moyen de mieux contrôler ses pulsions méchantes. Certains de ses conseillers lui affirmèrent qu’il faisait fausse route, que la personnalité de celui dont on pompait le fluide rouge n’influait pas sur le comportement futur du vampire. Mais Arthur n’était pas convaincu, et il demeurait ferme sur sa position, pour lui plus un homme avait une réputation de grande vertu, plus il était désigné pour être un fournisseur de sang.

Le haut-roi voyait cela comme une excellente solution pour contrôler mieux sa bête intérieure. Il était d’accord sur le fait qu’il existait des facteurs comme la discipline personnelle qui agissait sur la moralité. Mais il pensait quand même que le choix du sang en fonction du caractère de la cible était un très bon outil pour améliorer sa gentillesse envers autrui. Il était prêt à payer fort cher pour un verre de fluide rouge d’un individu qui prouva de manière certaine sa vertu.

Pour l’instant il avait des soucis importants, donc après ses réflexions sur le sang il décida de se concentrer sur la destruction des reliques mineures. Il réunit ses trois principaux conseillers dans la tente des complots.

Arthur : Je n’ai pas réussi à interdire la production d’objets en lien avec le Néant, mais je n’abandonne pas la lutte. Avez-vous des suggestions ?

Lancelot : Je peux faire un rapport sur les effets nocifs de la conception des reliques mineures.

Arthur : C’est utile pour nuire à la réputation d’ennemis politiques, mais je veux quelque chose de plus destructeur.

Morgane : Je peux approfondir le côté explosif du rapport de Lancelot en séduisant certaines personnes, ainsi j’obtiendrai des renseignements pernicieux.

Arthur : Je désire que les reliques mineures soient bientôt de l’histoire ancienne dans un délai court. Ta solution Morgane prendrait trop de temps.

Merlin : Je peux lancer un sort pour détruire les livres sur la fameuse méthode secrète d’Hertio. Il semblerait que l’existence des reliques soit en rapport avec des grimoires. Donc si certains ouvrages cessaient d’exister, votre problème serait résolu.

Arthur : Je suppose qu’il y a un prix à payer, vu ton air préoccupé.

Merlin : Le Néant est une entité coléreuse, vous subirez sans doute quelque chose de négatif en organisant la destruction d’objets en rapport avec lui.

Arthur : Comme quoi ?

Merlin : Les conséquences sont tellement variables, que je ne peux pas me prononcer sur la nature exacte du péril. Cependant je vous conseille de faire beaucoup d’efforts pour vous protéger de la magie néfaste.

Arthur : Tu prends aussi des risques.

Merlin : Moins que vous, même si je serai très impliqué dans la destruction des livres, le Néant visera en priorité le donneur d’ordres.

Arthur savait que les entités comme le Néant frappaient subtilement, elles n’intervenaient que très rarement directement. Même quand un être causait un blasphème majeur, il n’avait pas à subir souvent du spectaculaire comme la foudre qui l’incinérait. Il écopait plutôt d’une attaque pernicieuse du genre une tentation puissante, ou un accès de folie difficile à réprimer. Cependant le vampire connut un moment de peur, il constata le potentiel extrême des reliques majeures du Néant. Il en arriva donc à la conclusion qu’en allant jusqu’au bout de son but initial, la destruction de livres, il s’attirerait la colère de quelque chose de sacrément puissant. Et puis même si les divinités ou les grandes puissances surnaturelles avaient une façon de riposter généralement subtile, cela ne voulait pas dire que leurs punitions n’étaient pas à craindre. Il était possible de faire mal d’une manière discrète et terrible à la fois.

Surtout qu’Arthur craignait d’avoir attiré l’attention du Néant en utilisant à diverses reprises des reliques majeures. Il avait l’angoisse d’avoir généré un lien direct avec l’entité en recourant à des objets puissants. Certes il agissait en théorie pour défendre les royaumes elfiques, mais il se laissa séduire par des promesses de pouvoir facile. Et il pensait qu’il faudrait payer une note gênante du point de vue magique, s’il entreprenait jusqu’au bout sa volonté de destruction d’objets.

Puis le vampire songea à des choses qui raffermirent sa motivation, il avait fait le serment de protéger les elfes, en remerciement pour la protection accordée par des gens bienveillants avec lui tels que Lancelot. Or si Arthur avait des défauts, il prenait très à cœur la notion de promesse et de fidélité. Il se sentirait immonde s’il ne faisait pas le maximal pour défendre ses sujets. Et puis la perspective de ridiculiser un rival politique jugé très horripilant comme Hertio méritait de courir des risques élevés. Aussi le vampire chargea Merlin de prononcer les mots d’un sort visant à détruire des grimoires. Tous deux se réunirent dans le laboratoire principal de magie de Merlin, dans la salle dévolue à la destruction à distance, un lieu avec des murs en métal blanc sans décoration apparente, mais très utiles pour amplifier la puissance d’un sort destiné à causer des ravages.

Merlin : Votre majesté, c’est décidé vous voulez aller jusqu’au bout ?

Arthur : Parfaitement les elfes auraient trop à perdre si je reculais.

Merlin : Que les livres liés à la damnation brûlent, que leur contenu maudit disparaisse à tout jamais.

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