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Mutagen
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Chapitre 460 — Vérification du butin : les objets récupérés par Marc et Mei
Chapitre 459 — La situation dans les cachots de la forteresse, la colère de Marc et la proposition de Danaya Menu Chapitre 461 — En ce jour-là… une nouvelle menace s’abattit sur la Forteresse de Pierre

Jour ▊▊ – ▊▊ h ▊▊ – Chambres d’invités, Forteresse de Pierre, Montagne de l’Est

De retour dans leur chambre, tout le monde accueillit Marc. Bien sûr, personne ne lui demanda ce qu’il avait fait : ils savaient déjà ce qui avait pu arriver. Il était parti aussitôt après avoir appris la situation, le visage effrayant, et ils s’attendaient à ce qu’il fasse regretter aux Tikbalangs de s’en être pris à eux.

Ils se doutaient qu’il ne les tuerait pas, parce qu’ils avaient vu à quel point leur magie était efficace contre les Infectés. Mais ça ne voulait pas dire qu’ils n’allaient pas souffrir. Il allait probablement les rouer de coups jusqu’à les laisser à deux doigts de la mort.

Évidemment, personne n’osa lui demander ce qu’il avait fait… sauf une seule.

— Il les a tués ? demanda Karlène d’un ton enfantin.

Sa question faillit étouffer Alana. Les autres se contentèrent de soupirer : ils y étaient habitués. Parfois, Karlène était trop gamine… et parfois, elle avait clairement un grain.

Mei, elle, ne se souciait pas du sort de ces Tikbalangs. Ces têtes de cheval avaient ciblé son groupe ; elle les avait capturés en représailles. Ensuite, elle les avait remis à Marc, et il pouvait en faire ce qu’il voulait. Malgré tout, elle était satisfaite de voir comment Marc avait réagi. Sentir que quelqu’un qu’on aime se met en colère pour vous… c’était étrangement réconfortant. Ça prouvait l’importance qu’on avait à ses yeux.

Pourtant, Mei se sentait épuisée. Maintenant que tout était terminé et que Marc était revenu, la tension qu’elle avait contenue jusque-là lui retomba dessus d’un coup. Elle était la partenaire de Marc et elle s’était sentie responsable de protéger tout le monde pendant l’attaque. Son trait de Mutatrice l’avait aussi aidée à étouffer ses émotions, surtout parce que les petites filles — ses filles — étaient présentes.

Mais cela ne signifiait pas que sa blessure mentale était déjà refermée. Les regards lubriques et les rires des Tikbalangs lui donnaient la nausée et la rendaient nerveuse. Elle avait simplement dû tout ravaler, parce que tout le monde était en danger.

Marc comprenait ce que ressentait Mei. Assis avec elle sur le canapé, il la serra contre lui d’un geste rassurant tout en répondant à Karlène.

En apprenant la proposition de Danaya, tout le monde estima que c’était la meilleure solution. Ils n’avaient aucune envie de garder près d’eux des salauds qui avaient essayé de leur faire du mal. Et puis Karlène et les autres femmes du groupe avaient été écœurées par les regards des Tikbalangs.

Marc continua de réconforter Mei pendant qu’ils discutaient de la suite. Au milieu de leurs plans, le dîner arriva. Et, pour le dire franchement, la nourriture livrée était plusieurs fois meilleure que la veille. Même Félénia, qui savait comment les plats étaient préparés dans cette forteresse, en resta surprise. Apparemment, ce qu’on leur servait ce soir-là était réservé aux occasions royales.

De la viande grillée d’un animal magique rare. Une soupe de Champignons Dorés. Un poisson irisé aux reflets arc-en-ciel. Et d’autres plats magnifiquement présentés. Tout était délicieux, mais en plus, chaque plat restaurait l’énergie magique de ceux qui le mangeaient.

Sans aucun doute, ils cherchaient à plaire à Marc.

Et effectivement, les plats furent vidés en un rien de temps. Marc, lui non plus, ne se retint pas : il était encore de mauvaise humeur et décida de brûler sa colère en mangeant. Les épouses de Térémillio — sauf Félénia — touchèrent le paradis du bout des lèvres : c’était la première fois qu’elles goûtaient une telle nourriture.

Ils continuèrent à planifier en mangeant. Apparemment, l’endroit le plus proche était le royaume de Térémillio, situé dans la chaîne montagneuse du sud, au-delà de la rivière Agos. C’était très loin.

Mais Térémillio ne voulait pas y retourner. Sa race adorait jouer des tours et n’hésitait pas à tuer pour toutes sortes de raisons. Des gens cupides, prompts à se venger à la moindre offense — et parfois même sans offense du tout, juste pour s’amuser. De plus, beaucoup de mâles de cette race aimaient avoir plusieurs épouses, et leur manière de « se procurer » des femmes n’était pas la plus honorable.

Alors en quoi Térémillio était-il différent ? Parce que, contre toute attente, sa mère était une Duende Blanche. Il avait certes hérité du penchant pour plusieurs épouses, mais sur bien d’autres aspects, il se distinguait de la majorité des siens.

Sa mère — la cinquième épouse du roi — était aussi la principale raison pour laquelle il voulait retourner là-bas. Il avait également un frère cadet. Mais Térémillio se moquait complètement de ce bâtard : ce frère ressemblait trop à leur père. Il ne voulait rien avoir à faire avec lui.

Après le repas, tout le monde resta encore en forme. Le groupe de Marc commençait à percevoir l’effet de cette dimension sur leur horloge interne. Leur esprit reconnaissait instinctivement le passage du temps, mais leur corps n’arrivait pas encore à s’adapter à la différence réelle, ce qui les mettait mal à l’aise. Ils avaient même fait une sieste l’après-midi parce qu’ils se sentaient épuisés. Quand Marc était revenu, ils venaient juste de se réveiller.

Autant dire qu’ils avaient du temps devant eux.

— Au fait, Marc… c’est quoi, ça ? demanda Karlène, curieuse comme une gamine, à l’attaque une fois de plus.

Cette fois, tout le monde eut la même réaction en regardant la boîte métallique — de la taille d’un carton d’expédition — d’environ vingt-cinq kilos que Marc avait rapportée.

Marc n’eut aucun mal à leur montrer. Il ouvrit la boîte : elle contenait toutes sortes d’objets. La plupart étaient de magnifiques pierres précieuses et des cristaux. Il y avait aussi des armures miniatures, des armes et de l’équipement. Aucun doute : c’était du matériel appartenant aux Sylphes.

Tout le monde examina les objets. Amihan et Malaya essayèrent même des armures qui leur allaient parfaitement, comme si elles avaient été faites sur mesure. Chaque pièce était magique. Les armures étaient incroyablement légères. Les armes aussi : des épées dont la lame était enduite de magie du vent, une robe qui augmentait la vitesse de vol d’un Sylphe, et même un Arc Sylphique capable de faire transpercer à ses flèches le corps d’un adversaire massif.

Il y avait une grande variété dans une si petite boîte, simplement parce que l’équipement des Sylphes était, à la base, de petite taille.

— En réalité, il y en a davantage là-bas. J’ai laissé le reste, parce que la plupart sont soit cassés, soit vidés de leurs propriétés magiques.

C’était ça, le plus triste. La majorité des objets du Royaume des Sylphes avaient été ruinés par ce tapis de chair. Même le bois de l’Arbre-Esprit était inutilisable : trop desséché, au point de pouvoir s’effondrer à tout moment.

Malgré tout, Marc avait trouvé une quantité respectable de choses, surtout des gemmes. D’après Danaya, elles pouvaient servir à fabriquer de l’équipement magique. En fait, les armures et les armes des Sylphes étaient faites avec ces pierres. Marc les avait découvertes dans un endroit qui ressemblait à un atelier. Il y en avait juste assez pour forger une arme, ou une seule pièce d’armure à taille humaine.

Apparemment, la plupart des réserves de ces pierres étaient stockées dans l’espace interne de l’Arbre-Esprit… mais cet espace s’était effondré, détruisant ce qui s’y trouvait encore.

Et parmi les meilleurs objets récupérés dans les ruines du Royaume des Sylphes, il y avait la Couronne du Prince Infecté : une couronne de cristal sertie de multiples gemmes d’attribut Vent. Quiconque la portait voyait sa magie du vent augmenter drastiquement.

Si elle était portée par quelqu’un qui ne possédait pas de magie du vent, mais savait manipuler l’énergie magique, elle lui permettait tout de même d’utiliser le vent dans une certaine mesure. D’après Danaya, c’était l’un des trésors les plus précieux du Royaume des Sylphes.

Danaya avertit Marc, toutefois. Même s’il avait un droit légitime sur ces objets — puisqu’il avait détruit la chose qui occupait le royaume — les Sylphes pourraient devenir hostiles s’il exhibait leurs trésors ouvertement. Mieux valait garder ça secret.

Cette couronne était un véritable trésor… mais elle ne convenait qu’aux petites têtes des petites races spirituelles et élémentaires. Trop grande pour en faire une bague, aussi. Et c’était là le problème : ses propriétés ne pouvaient être utilisées qu’en la portant sur une partie du corps. Donc uniquement comme couronne, bague ou bracelet… si ça tenait. La passer sur une ficelle pour en faire un collier ne fonctionnerait pas.

Ainsi, sous le regard envieux de Térémillio et de ses épouses, Marc déclara qu’Amihan et Aephelia pourraient la porter à tour de rôle. Les deux en furent ravies. Surtout Aephelia, qui pensait qu’il valait mieux la laisser à Amihan… même si, de son côté, elle voulait aussi apprendre de nouvelles capacités. Malheureusement, elle se trouvait encore dans un corps de Sylphe.

Enfin, ils passèrent à ce que Mei et Spéra avaient rapporté de la zone d’échanges. Marc avait déjà entendu ce qui s’était passé. Et il s’intéressait, lui aussi, à ce vieil homme mystérieux. Il comprenait désormais à quel point les races accordaient de valeur aux Cristaux d’Énergie, à la lumière de leur récit et des objets alignés sur la table.

Mei et Spéra n’avaient échangé que huit objets avec le vieil homme. Trois d’entre eux étaient ces gemmes qui contenaient un petit espace intérieur.

Marc essaya d’abord les gemmes noires, qu’il appela Pierres Spatiales. L’espace contenu dans la pierre lui rappela immédiatement les romans de wuxia* qu’il avait lus. Alana eut la même idée : on pouvait les transformer en bagues de stockage. Malheureusement, c’était visiblement rare : il n’y en avait que trois, contrairement aux gemmes de vent que Marc avait trouvées par centaines.

*NdT : désigne un genre littéraire chinois et les œuvres de fiction ayant pour thème les aventures de « Chevalier errant » qui se déroulent généralement durant l’ancienne Chine.

Ensuite venait une dague : une dague d’argent gravée d’inscriptions rouges sur la lame et le manche. Le vieil homme avait dit l’avoir obtenue d’un étranger. Pour l’activer, il fallait la lier au sang de son propriétaire ; ensuite, même si on la laissait tomber ou qu’on la lançait, elle revenait à son propriétaire.

Le cinquième objet était un cristal sphérique rouge, de la taille d’une boule de billard. Et à la surprise de Marc, il possédait une propriété similaire à celle de la Couronne… sauf que cette fois, l’attribut était le Feu. Mei précisa que celui-ci avait coûté vingt Cristaux d’Énergie. Marc, lui, s’en moquait : c’était un objet incroyable.

Pour le sixième objet, Marc appela Ignis, qui était resté en sommeil tout ce temps. Cette Épée Démoniaque trouvait l’énergie de l’air, dans cette dimension, bénéfique à sa croissance ; depuis leur arrivée, elle somnolait en absorbant cette énergie. Lentement, Ignis gagnait en puissance. Marc la réveilla parce que l’objet suivant était un fourreau.

Mei pensait qu’Ignis pourrait aller dedans : le fourreau était prévu pour une lame large. Ignis n’était pas « large » au sens classique, mais sa forme occupait une grande surface. Et à la grande satisfaction de Mei, malgré un petit centimètre de jeu, Ignis entra dans le fourreau.

— WHOUA ! C’EST QUOI ÇA ?! cria Ignis, surexcité, dans l’esprit de Marc, au point que Marc dut taper sur l’épée pour qu’elle se calme.

Apparemment, ce fourreau pouvait nourrir la lame qu’il contenait avec de l’énergie magique. Il absorbait très vite l’énergie de l’air, la purifiait, puis la faisait passer dans l’épée. C’était parfait pour Ignis.

Le septième objet était une boîte ouvragée. C’était celle que Mei avait utilisée pour transporter les objets, à l’exception du grand fourreau que Spéra avait ramené. Cette boîte pouvait contenir des objets magiques et empêchait la magie de s’en échapper. En plus, elle pouvait être verrouillée par l’énergie magique, et seule la personne qui l’avait verrouillée pouvait l’ouvrir.

Enfin, le dernier objet : une bande de tissu de deux mètres de long, large d’une dizaine de centimètres. C’était une étoffe magique, une matière première destinée à des vêtements enchantés. On ne pouvait ni la percer ni la déchirer par des moyens ordinaires. Même la dague « revenante » ne réussit pas à y laisser la moindre trace. Un objet étrange, aux possibilités infinies.

Les objets obtenus par Mei auprès du vieil homme réussirent à faire retomber un peu la colère de Marc. Il ne s’attendait pas à autant. Certes, ce qu’il avait ramené du Royaume des Sylphes était plus abondant… mais en qualité globale, Mei avait largement gagné.

Marc mourait d’envie d’en faire quelque chose. Malheureusement, ce n’était pas le moment de transformer tout ça en équipement. Il était déjà tard ; après avoir rangé et nettoyé, ils décidèrent d’aller dormir.

Cette nuit-là pourtant, Marc se réveilla : Mei pleurait dans son sommeil. Sans la réveiller, il la prit dans ses bras et la serra contre lui toute la nuit. Il veilla à ce que son cauchemar s’arrête… et qu’il ne revienne pas, en drainant toutes ses angoisses et ses émotions négatives pour les absorber en lui.

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