Auteur : Entrail_Jl
Traductrice : Moonkissed
Julien pouvait les reconnaître.
Il savait exactement qui ils étaient, et pourtant, la colère qui bouillonnait en lui l’empêchait de réfléchir rationnellement.
‘Comment ose-t-il… ?!’
Son regard était rivé sur Leon, qui était recroquevillé sur le sol.
De toute évidence, le coup avait causé de graves dommages à Leon.
… Et cela malgré le fait que Leon était spécialisé dans la catégorie [Corps].
« Uekh… ! »
Que Leon souffre à ce point…
Regardant autour de lui, Leon parvint à peine à reprendre son souffle avant de crier aux autres.
« Faites attention… ! C’est quelqu’un qui est spécialisé dans la catégorie [Corps] ! »
« Tu n’as pas besoin de me le dire. »
Aoife tendit la main, et Julien sentit son corps se raidir.
« Kh… M-maintenant ! »
Criant de toutes ses forces, Aoife grimaçait tandis qu’elle luttait pour maintenir « Julien » cloué sur place. Étant donné que la gravité qui les entourait était extrêmement dense, elle avait du mal à rester debout.
Il en allait de même pour les autres.
« Éliminez-le d’abord. »
… Ils n’avaient pas d’autre choix que de s’occuper de lui avant de penser à quoi que ce soit d’autre.
Quoi qu’il en soit, dans leur esprit, la personne qui se tenait devant eux était un ennemi. Il était possible qu’il soit responsable de tout ce qui se passait.
Kiera fut la première à agir.
Alors qu’un cercle magique rouge flottait au-dessus de sa paume, elle l’avança et un grand torrent de flammes vola en direction de Julien.
Swooosh !
La température ambiante augmenta et les flammes se dirigèrent rapidement vers Julien.
Coincé sous la télékinésie d’Aoife, Julien ne pouvait que regarder les flammes s’approcher de lui. Il pouvait les voir arriver, mais il ne pouvait rien faire pour les empêcher.
« … ! »
Finalement…
Il fut directement englouti par elles.
Swooosh !
« Ha… ! Prends ça ! »
Kiera se réjouit à cette vue.
Mais elle ne put se réjouir longtemps.
« Ne te réjouis pas trop. La gravité est toujours verrouillée sur nous. »
Les mots d’Aoife furent comme un seau d’eau froide. Peu à peu, les flammes s’éteignirent et la silhouette resta debout.
Ses vêtements étaient brûlés et sa peau était roussie, mais à part cela, il allait bien.
« Qu-quoi… !? »
Kiera regarda la scène avec des yeux incrédules.
Ça…
Elle avait mis beaucoup de puissance dans ce coup.
Quel genre de corps était-ce ? Comment pouvait-il résister à ses flammes ?
« Tss. »
C’est le bruit soudain de quelqu’un claquant la langue qui fit sortir Kiera de son incrédulité. Regardant autour d’elle, son regard se posa sur Aoife.
« Quoi ?
Kiera sentit quelque chose bouillonner dans sa poitrine en la regardant.
« Pourquoi as-tu claqué la langue ? Quelque chose t’ennuie ? »
« Hein ? De quoi tu parles ? »
Aoife se retourna et la regarda en fronçant les sourcils.
Puis, elle regarda la silhouette qui se tenait au milieu et lui fit signe de la tête.
« Ce n’est pas le moment de parler de tes affaires. Va finir ça. Je ne peux pas tenir longtemps. »
« Non, je ne suis pas en train de parler de mes affaires. »
Kiera serra le poing.
« … Tu m’as beaucoup énervée ces derniers temps. Ce n’est pas parce que je n’ai rien fait que je ne te considère pas comme une salope. »
« Hein ? »
Aoife fronça davantage les sourcils et baissa légèrement les mains.
« Tu penses que je ne suis pas pareille ? Je me suis beaucoup retenue à cause de mes responsabilités. Tu crois vraiment que je me soucie de toi ? On n’est pas au même niveau. »
« Ha ha. Je suppose que c’est vrai. »
« Qu’est-ce qui est vrai ? Je pensais que tu le savais depuis le début. Tu n’es rien pour moi. »
« Oui, oui… Tu as raison. »
Kiera retroussa ses manches avant de s’approcher d’Aoife qui la fixait d’un regard froid.
La situation entre les deux devint extrêmement tendue.
C’était si soudain que les autres en furent surpris.
« Hé, les filles ! »
S’avançant, Evelyn tenta de retenir Kiera.
Elle les regarda toutes les deux avec un air inquiet.
« Qu’est-ce que vous faites ? Ce n’est ni le moment ni l’endroit pour vous disputer ! »
« Va te faire foutre. »
Kiera poussa Evelyn au visage.
« Hé, wa-ah !? »
Peut-être parce qu’elle ne s’attendait pas à ce que Kiera la pousse si fort, elle tomba par terre.
« … »
Abasourdie, elle cligna plusieurs fois des yeux avant de lever les yeux et de lancer un regard noir à Kiera.
« Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?! »
« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Je t’ai dit d’aller te faire foutre. Arrête de te mêler de tout. C’est mon problème avec Aoife. »
« …. »
Evelyn serra les dents et lança un regard noir à Kiera qui se moquait d’elle en riant.
« Quoi ? Tu vas faire quelque chose ? »
Kracka ! Kracka !
Des éclairs commencèrent à apparaître autour d’Evelyn. Ils se mirent à tourner dangereusement autour d’elle tandis que ses yeux clignaient froidement.
Kiera regardait la scène avec un sourire narquois.
« Tu vas vraiment faire quelque chose ? »
« …. »
Evelyn resta silencieuse, leva la main et ouvrit la paume.
Kiera resta immobile sans rien faire.
Elle ne pensait pas qu’Evelyn ferait quoi que ce soit.
… Mais elle se trompait.
Boooum !
« Uekh… ! »
À sa grande surprise, un éclair se dirigea directement vers elle, la frappant en plein dans la poitrine et la projetant en arrière.
Bang !
Heurtant un arbre voisin, Kiera toussa bruyamment en serrant sa poitrine.
« Keuf ! Keuf… ! »
Son corps commença à être pris de spasmes tandis que son cœur se serrait.
« Akh… ! »
La douleur était difficile à décrire et il fallut plusieurs secondes à Kiera pour s’en remettre, tout en lançant un regard noir à Evelyn.
« Toi ! »
Ses yeux rouge rubis, injectés de sang et sauvages, scrutaient à travers les mèches emmêlées de cheveux blancs qui tombaient devant son visage. Sa poitrine bouillonnait de colère alors qu’elle agrippait la terre grossière sous elle, enfonçant ses ongles, et se relevait.
« Je vais te tuer, putain ! »
La voix de Kiera sortit en un cri strident alors qu’elle avançait la main et qu’un cercle magique apparaissait.
Cependant, juste avant que le cercle magique ne se forme complètement, une silhouette apparut juste derrière elle, bloquant sa tentative.
Au même moment, Evelyn était également retenue par les autres.
« Qu’est-ce que vous faites ? »
Kiera cria de toutes ses forces en fusillant du regard Leon qui lui tenait les bras.
« Arrête. Tu n’es pas dans un état d’esprit normal. Tu dois… Uekh ! »
Kiera donna un coup de tête à Leon, le forçant à reculer de plusieurs pas.
Drip !
Se tenant le nez et regardant vers le sol, Leon écarquilla les yeux. Il regarda ensuite Kiera qui le fixait d’un regard noir.
« C’est ce qui arrive quand tu me retiens… Pffft ! »
Du sang jaillit de la bouche de Kiera, interrompant sa phrase alors qu’une fine épée lui transperçait la poitrine.
Son corps se figea, tous ses muscles se raidissant sous le choc et la douleur, tandis qu’elle regardait Leon avec des yeux écarquillés, incrédule.
Lui aussi était sous le choc, figé sur place.
« A-ah, ça… »
Tournant la tête, Kiera croisa le regard d’une paire de pupilles jaunes qui lui étaient familières. Ses lèvres se tordirent en un sourire cruel.
« Je le savais, putain. »
Boum !
Ce furent les derniers mots qu’elle parvint à prononcer avant que son corps ne s’effondre en avant.
Le silence s’installa tandis qu’Aoife fixait d’un regard vide Kiera qui se vidait de son sang sur le sol. Peu à peu, elle releva la tête et croisa le regard de Leon qui observait la scène avec incrédulité.
Aoife sentit sa bouche se tordre.
« Pourquoi fais-tu cette expression ? »
« Toi… »
Leon sentit son souffle quitter son corps.
Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer.
Elle… venait-elle vraiment de la tuer ?
« Haa. »
Leon tendit la main vers son épée tout en reculant d’un pas. Quelque chose… quelque chose de terrible était en train de se passer. Mais quoi ? Que se passait-il exactement ?
« Aoife. Tu dois appeler… !!! »
Les mots de Leon furent brusquement interrompus par une force puissante. Elle venait de derrière lui, et il n’eut guère le temps de réagir avant que son dos ne se plie en arrière et qu’il n’entende un craquement.
Craquement !
« … ! »
Le coup fut si soudain et si puissant qu’il n’eut pas le temps de réagir. Il ne fut même pas capable de crier.
Boum !
Au moment où il tomba au sol, il se rendit compte qu’il était incapable de bouger ses jambes.
« Haa… Haa… »
Haletant, il regarda derrière lui où se tenait une silhouette aux yeux bleus.
Sa chair était carbonisée et couverte de cloques, et il boitait douloureusement à chaque pas.
Clank ! Clank !
En arrière-plan, il pouvait entendre le bruit incessant du métal qui s’entrechoquait. Quand il regarda autour de lui, il vit le chaos : tout le monde se battait dans une lutte brutale et désespérée.
Des membres volaient dans les airs.
Des cadets tombaient au sol….
C’était un massacre.
Kacha ! Kacha !
Au milieu du chaos, la foudre d’Evelyn déchira l’un des cadets, le coupant en deux dans un éclair aveuglant.
« Ah, qu’est-ce que c’est que ça ?! »
Leon sentit son cœur se glacer.
Mais comme si cela ne suffisait pas, il remarqua bientôt Aoife s’approchant de l’homme aux yeux bleus qui boitait lentement dans sa direction.
Tendant la main, le bras du cadet aux yeux bleus se tordit de manière anormale, tournant à trois cent soixante degrés avec un craquement écœurant.
« … »
Et pourtant, il ne fit aucun bruit.
C’était presque comme s’il ne ressentait aucune douleur.
Cela surprit Aoife, qui tenta autre chose, mais avant qu’elle n’ait pu le faire, Leon s’était traîné vers l’avant et s’était agrippé à son pied.
« Lâche-moi. »
Aoife le fusilla du regard et lui écrasa le visage.
Bang !
Du sang jaillit du visage de Leon alors qu’il s’agrippait à son pied.
« Lâche-moi. »
Mais Leon ne lâcha pas prise.
Au contraire, il s’agrippa encore plus fort.
Bang !
Aoife lui piétina à nouveau le visage.
« Lâche-moi ! »
Sa voix devint plus forte.
Mais Leon ne lâcha pas prise.
Il le serra encore plus fort tandis que ses yeux devenaient encore plus injectés de sang. Au loin, le cadet aux yeux bleus s’approchait lentement d’elle.
Aoife regarda dans sa direction avant de baisser les yeux vers Leon et de lever le pied.
Bang, bang, bang…
« Lâche-moi ! Lâche-moi !!! Lâche-moi !!!! »
Elle paniquait de plus en plus à chaque coup de pied.
Et pourtant, Leon ne la lâchait pas. Les yeux fixés sur le cadet aux yeux bleus, il se mit à rire.
« He-uk ! Hehehk… ! »
Bang !
« Lâche-moi !!!! »
La voix d’Aoife ressemblait désormais davantage à un cri strident.
Mais cela ne servait à rien.
Leon ne la lâchait pas.
Et…
Kracka !
Deux mains saisirent les côtés de la tête d’Aoife, lui tordant le cou net tandis que le bruit des os qui se brisaient résonnait dans l’air.
Thump !
Le corps d’Aoife tomba peu après.
Fixant le corps, Leon resta silencieux pendant un moment avant de se couvrir la bouche.
« Ukhe… ahahah, uekh ! Kuk ! »
Des sons étranges sortaient de sa bouche tandis que du sang coulait de toutes les parties de son visage.
Mais il riait.
Il riait hystériquement.
« Khek… hahah ! … ukah ! »
« Putain de meurtrier ! hahah ! Tu es mort ! Meurs !! Tu as eu ce que tu méritais ! »
« Ukah ! ua… »
Son rire fut de courte durée.
Peu après, un pied se leva et s’abattit.
Bang !
La vision de Leon s’assombrit peu après.
« Haa… Haa… »
‘Tue… ! Tue.’
Relevant son pied, Julien piétina à nouveau la tête de Leon.
Bang, bang, bang !
Il piétina, piétina et piétina encore.
Pfftt !
Même lorsque le sang coula partout et que les entrailles de Leon se répandirent, il ne s’arrêta pas.
Il continua simplement à piétiner, piétiner et piétiner.
« Haaa… ! »
Bang !
Lorsqu’il eut terminé, le monde autour de lui était silencieux.
Levant la tête, Julien regarda autour de lui, un frisson lui parcourant l’échine alors que son esprit commençait à s’éclaircir.
« Qu-quoi… ? »
« …. »
Tout ce qu’il pouvait voir, c’étaient des cadavres et des membres éparpillés sur le sol imprégné de sang.
Tout le monde…
était mort.
« Haa… Haaa… »
Dans le silence oppressant, le seul bruit était celui de sa respiration saccadée et paniquée.
Bruissement~ Bruissement~
Mais ce silence fut rapidement brisé.
Les buissons et les arbres à proximité bruissaient de manière inquiétante, et des silhouettes vêtues de blanc émergèrent de l’ombre, l’encerclant.
Avec leurs yeux creux et sans vie, leurs visages émaciés fixés sur lui, elles ne clignaient pas des yeux et étaient implacables.
Elles restaient immobiles et lui murmuraient des mots incohérents.
Julien sentit son corps tout entier se figer alors qu’il sentait les battements de son propre cœur. Il battait fort, presque trop fort.
Et,
« … »
Boum !
Tombant à genoux, Julien se trouva incapable de bouger.
Bruissement~
Les silhouettes bougèrent, s’approchant lentement de lui.
Julien les fixa du regard tandis qu’elles s’approchaient. Il voulait faire quelque chose, mais se trouva incapable d’agir.
Sa vision s’assombrit et il perdit rapidement connaissance.
