Le Chevalier des Elfes
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Chapitre 15 –

Arthur cherchait un signe qu’il était sur la bonne voie pour se calmer les nerfs. Il se détendit un peu en voyant un symbole religieux de Proélium sur un tableau, l’épée enflammée. Il prit cela comme un présage de bon augure pour tenter son approche particulière avec Morgane, une elfe vue comme une personne rusée et opportuniste.

Il regrettait de ne pas jouer sur le terrain de l’appel à l’honneur. Arthur aurait aimé obtenir une conciliation basée sur des émotions comme la solidarité. Cependant le fort même quand il était un simple esclave reconnaissait que l’hypocrisie, la flatterie et la corruption financière étaient des moyens de survivre. Et puis même si les elfes avaient de bons côtés, ils n’étaient pas dénués aussi de mauvais penchants comme les humains.

Et il semblait à Arthur que son interlocutrice avait une propension à recourir à des moyens souvent vus comme peu honorables. Donc selon les apparences elle serait sans doute beaucoup plus sensible à un discours basé sur l’appât du gain ou la gloire personnelle, plutôt que des valeurs morales. Cependant le fort marqua un temps d’hésitation, il avait parfois l’impression de se rapprocher d’une personne comme Glil, qu’il voyait comme un misérable individu. Et puis le fait pour Arthur de mentir à Lancelot un elfe de toute confiance, son libérateur, cela faisait un poids moral lourd à porter. Le général avait déjà eu du mal à accepter le coup du jeu avec une mise pour amadouer Morgane. Il n’apprécierait pas de savoir qu’Arthur étendit ses ruses. À moins bien sûr que des mensonges soient employés pour camoufler la vérité. Néanmoins Arthur n’était pas très enthousiasme à l’idée de d’entourlouper Lancelot.

Ses hésitations morales se ressentirent sur son débit de paroles, il parlait doucement et bégayait même un peu. Le fort pensa à ses camarades blessés pour essayer de s’armer de détermination,mais cela ne suffit pas à atténuer ses tourments. Alors il puisa dans sa haine de Glil pour améliorer son éloquence, et cela produisit des effets spectaculaires. Même s’il accepta avec résolution les attaques du lieutenant, sa partie sombre réclamait vengeance. Et le meilleur moyen légal de faire enrager Glil consistait à se couvrir de gloire. Or sauver les blessés graves et les malades de l’armée s’avérait un acte très prestigieux.

Morgane : Je ne vois pas comment tu pourrais me faire changer d’avis, mais essaies toujours.

Arthur : J’ai entendu dire que vous raffoliez des courses de chevaux, notamment de chevaucher des superbes bêtes, mais que vous manquiez de fonds.

Morgane : Et alors ?

Arthur : Je dispose d’un moyen de réaliser votre rêve. Mon sac à dos contient une solution très utile.

Morgane examina le sac du berserker et eut la joie de découvrir mille pièces d’or, de quoi payer la rançon d’un noble de haut-rang prisonnier de guerre, juste ce qui lui fallait pour acheter le cheval de ses rêves. Mais elle montrait encore des réticences, elle voyait mal comment justifier le fait de changer d’avis. Certes elle éprouvait un plaisir notoire à chevaucher de beaux étalons, et elle aurait beaucoup de mal à remporter l’enchère sans un coup de pouce financier. D’ailleurs quand elle vit les capacités du cheval qui l’intéressait elle fut à deux doigts de faire un serment solennel de tout tenter pour l’acquérir. Elle découvrit une bête exceptionnelle qui contribuerait à faire d’elle une cavalière de légende.

Or elle adorait vraiment accroître sa renommée dans le domaine de l’équitation. C’était un de ses principaux plaisirs, elle ressentait bien plus de sensations agréables quand elle gagnait une course de cheval que quand elle réussissait à triompher au moyen d’une intrigue. Morgane passait beaucoup de temps à comploter pour son compte ou celui d’autres personnes, toutefois ce genre d’activités ne lui apportaient pas autant de plaisir que le fait de chevaucher devant la foule.

Néanmoins elle opposa dans le passé un refus à Lancelot, donc elle avait besoin d’un bon prétexte pour que son changement d’opinion ne passe pas pour une action dictée par la vénalité. Elle était consciente que certains la qualifiaient ouvertement de personne corruptible, mais elle ne désirait pas augmenter plus que nécessaire les rangs de ses ennemis déblatérant sur son compte.

Elle aimait vraiment les chevaux toutefois elle devait quand même obéir à des impératifs sociaux. En tant que courtisane officielle de hauts personnages elfes, elle devait bien soupeser chacune de ses actions, pour éviter de fâcher des gens influents. Même si l’idée d’abandonner une occasion d’acquérir un étalon de légende la blessait profondément.

Arthur se rendant compte des hésitations de son interlocutrice vola à son secours. Il avait conçu un plan afin de ménager une alternative honorable à Morgane.

Arthur : Vous pourrez employer comme excuse pour justifier l’hébergement de l’armée de mon général, le fait que nous servions à nettoyer les environs des bandits.

Morgane : Pas faux, c’est une idée intéressante. Il y a plusieurs bandes de voleurs qui pillent les gens isolés dans les parages.

Ainsi le fort réussit à obtenir un lieu où les siens pourraient passer l’hiver tranquille, grâce à un mélange de corruption et de négociation. Cette performance lui valut un accroissement très positif de sa réputation chez les militaires.

Arthur participa à plusieurs traques de voleurs et de meurtriers. Il se porta volontaire pour diverses missions de nettoyage de bois ou d’autres endroits isolés abritant des criminels. Morgane subit plusieurs fois la tentation de livrer des renseignements à des bandits afin de maximiser les chances du fort de connaître un destin funeste. Elle avait l’habitude des coups fourrés, à force de séduire des gens pour des avantages matériels, cela lui donna presque une addiction à la manigance inutile. Le complot était une seconde nature chez elle. Des serviteurs à elle collaboraient avec les troupes de Lancelot. Donc il y avait moyen pour elle de connaître de précieux détails sur les campagnes de lutte entreprises contre les scélérats de la région. Mais Arthur n’était pas un lapereau facile à piéger, et il sentit lors de sa tractation avec Morgane que son interlocutrice avait des réticences à accepter le marché. De plus il connaissait suffisamment bien la réputation de la noble pour redouter un coup fourré de sa part. Alors il prit une précaution, il déposa un message d’avertissement sur un morceau de papier. Et il le cacha à l’intérieur de la bourse d’or qu’il remit à Morgane.

Le petit parchemin contenait une menace voilée mais néanmoins tangible, il affirmait qu’en cas de décès suspect, Lancelot recevrait une missive indiquant qu’il était nécessaire de mener une enquête sur Morgane. Il connaîtrait le mobile de la noble et d’autres détails croustillants.

En outre Arthur précisa que le général n’aurait pas besoin de beaucoup de temps et d’énergie pour trouver des témoins gênants. Le fort avait laissé des indices à des proches dans le cas où il lui arriverait un malheur. Morgane fut un temps furieuse de la tentative d’intimidation contre elle. Puis elle rit devant le culot et les mots bien tournés employés. Elle devait admettre que les craintes d’Arthur n’étaient pas complètement infondées. Elle répugnerait à tuer un elfe, par contre un humain c’était une autre histoire. Elle oublia au fil du temps la blessure à son amour-propre, et finit par admirer l’aplomb et les capacités guerrières du fort.

Arthur put donc sans craindre de représailles s’entraîner à la chasse aux animaux, et bonifier ses techniques de combat en forêt. Il profita de ses nombreuses allées et venues pour agrémenter ses compétences en matière de survie en milieu boisé. Parfois il recevait des leçons directement de Lancelot en personne. Le général aimait bien distiller son savoir à ceux qu’il aimait bien. Ainsi le fort apprit à poser des pièges afin d’attraper des lapins. En outre il perfectionna ses aptitudes pour tirer avec un arc ou manier une épée ou une lance dans un milieu confiné comme un bois pas très entretenu rempli d’arbres partout.

Il se consacrait aussi à mieux viser avec un arc, et il constata que son niveau s’améliorait plus vite qu’il ne le pensait. Proélium son dieu intervint dans le but de renforcer la vision et l’adresse du fort. Il s’arrangea pour que ses dons soient distribués subtilement, ainsi il n’attira pas trop l’attention.

La divinité avait de nombreux projets à l’égard d’Arthur, et elle désirait augmenter les chances de survie d’un élu qui lui semblait très prometteur. Certes le dieu tournait son attention vers d’autres personnes que le berserker, mais elle obtenait d’excellents résultats avec le fort. En effet ce dernier arrivait à un nombre impressionnant de conversions à la cause de son dieu, de par son éloquence et son zèle.

Arthur avait pour point d’honneur de payer ses dettes, et il pensait qu’il devait beaucoup à Proélium. Alors il entreprit de diffuser sa foi auprès de ses camarades. Il milita et convainquit des centaines d’elfes de porter un intérêt prononcé pour sa divinité. Le fort se livra à des études poussées afin de magnifier son savoir religieux pendant l’hiver. Il dévora plus de dix livres épais sur l’histoire de Proélium, ses champions mais d’autres dieux pour triompher plus facilement lors de débats théologiques.

Le fort ne cherchait pas à écraser ses contradicteurs dans le domaine religieux, il adoptait une autre logique que Glil. Toutefois il était aussi attaché à la perspective de marquer des points pour la diffusion des idéaux de Proélium. Même si quelques elfes firent d’abord la grimace en entendant les prêches d’Arthur, dans l’ensemble ses interventions furent plutôt bien accueillies.

Surtout que Lancelot ne voyait pas de raison d’inciter à la censure, au contraire il trouvait un intérêt idéologique à ce que le berseker poursuive sa campagne de recrutement. Le général était un fervent défenseur de l’innovation militaire, et c’était aussi le cas de Proélium. Cette divinité appelait ses fidèles à ne pas craindre la science. Ce dieu comptait sur une minorité d’érudits, mais ses fidèles savants apportèrent leur lot de découvertes. Pour le dieu l’honneur et l’amour des armes blanches constituaient des valeurs importantes. Mais Proélium cautionnait aussi les recherches militaires, du moment que leur finalité était de protéger des elfes.

Ainsi Arthur apaisa les tensions de certains officiers de Lancelot concernant l’usage d’autres moyens que l’épée ou la lance. Il aida le général à diminuer la contestation interne sur l’utilisation des machines de guerre du type catapulte, et les projets de financement sur le développement de la poudre explosive.

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