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Chapitre 1 – Dictateur Partie 2
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Chapitre 1 – Dictateur Partie 2

Rintam et Gron voyagèrent à travers le temps et l’espace, en prenant la précaution de fermer les yeux, et de se rendre temporairement sourds grâce à un sort. Le voyage d’un monde à l’autre par l’intermédiaire d’un enchantement magique, était particulièrement dangereux. On pouvait admirer des merveilles, mais aussi de terribles horreurs qui vous retournaient l’esprit. De plus certaines entités démoniaques prenaient un malin plaisir à essayer de traumatiser les voyageurs, qui osaient essayer de gagner une nouvelle dimension ou époque.

Ces créatures avaient des apparences diverses, certains ressemblaient fortement à des humains, d’autres adoptaient la forme de lapins, de poulets, de chèvres.    Les démons n’avaient pas seulement des griffes, des crocs et des cornes comme armes naturelles, ils comptaient aussi sur une voix qu’ils pouvaient rendre soit enchanteresse, soit terriblement stridente. Ils s’en servaient pour piéger les inconscients, puis les amener à souffrir.

Et les démons disposaient d’outils spéciaux qui leur permettaient de torturer sans verser le sang. Le plus perfide de leur outil était le dragonlard, un jeu si difficile, complexe et infâme que les malheureux qui s’y essayaient au bout de deux parties, imploraient qu’on les achève. L’inventeur du jeu était le sadique Joueurdugreuh.

Normalement les sorts de voyage dimensionnel étaient inaccessibles pour Rintam, mais son livre de sorts avait une fonction voyage garanti. Cet ouvrage contenait une sorte de charme augmentant dramatiquement les capacités de déplacement surnaturel d’un sorcier.

 

Gron : Mais nous sommes dans un cimetière, que voulez-vous faire ?

Rintam (ironique) : Je veux déterrer des os pour pouvoir jongler avec.

Gron : Ce n’était pas la peine de voyager dans le temps et l’espace pour avoir des os. Il suffisait d’aller à la cuisine du donjon. Ou alors vous prévoyez de bientôt cesser d’être un génie du mal, et vous voulez vous reconvertir comme bouffon ?

Rintam (énervé) : Quand j’entends des remarques aussi débiles, je suis tellement en colère que je bous.

Gron : Et ben il y a beaucoup de travail, vous n’arrivez même pas à vous présenter.

Rintam : Hein ?

Gron : Vous avez tellement le trac, que vous dites je bous, au lieu de je suis un bouffon.

Rintam (désespéré) : C’est toi le bouffon !

Gron (sincère) : Dans ce cas je peux vous donner des cours. C’est une bonne chose vous m’avez beaucoup appris, je serai heureux de vous rendre une partie de vos faveurs.

 

L’ambitieux fut touché par l’accès de gentillesse de Gron, bien que la remarque affectueuse soit teintée de crétinerie. Toutefois cela ne suffisait pas à évacuer toute la mauvaise humeur de Rintam. Ce dernier se tâtait encore pour entamer une distribution de gifles sur le gobelin.

 

Rintam (se retient de donner des baffes) : Concentrons nous sur la recherche du corps de César.

Gron : Le problème d’après le livre que voici, est que les romains riches pratiquaient l’incinération. César n’est probablement plus qu’un tas de cendres.

Rintam : Même pour un nécromancien très puissant, c’est extrêmement difficile de ressusciter quelqu’un dont le corps n’est pas relativement intact. Tant pis on retourne au donjon.

 

Gron et son maître firent un nouveau voyage. Ils retournèrent donc à la salle des rituels majeurs située sur leur monde d’origine.

 

Gron : Maître vous êtes sûr que vous avez besoin de Jules César ? Je peux très bien le remplacer. J’ai fait de sacrés progrès en tactiques militaires, maintenant je sais dire retraite en vingt langues différentes.

Rintam : As-tu d’autres connaissances en matière de stratégie ?

Gron : S’il l’on veut survivre à un repli, c’est bien de ne pas courir vers l’ennemi.

Rintam : Et autrement ?

Gron : Quand vous voulez fuir, il est utile de se délester de son armure et de son bouclier.

Rintam : Tes aptitudes pour la fuite sont développées, j’en conviens. Mais as-tu des compétences pour aider des troupes à attaquer ou se défendre ?

Gron : Je connais la position de la reddition absolue, une manière très efficace de provoquer l’envie de vous épargner chez l’adversaire.

Rintam : Quand il s’agit de jouer les lâches tu es très fort, mais tu as prouvé que tu étais pitoyable pour mener une armée à la victoire.

Gron : Vous m’avez pourtant dit que plus les soldats d’une armée survivent longtemps, plus c’est le signe d’une grande compétence chez un général.

Rintam (pense) : J’ai peur de la suite.

Gron : Et je peux vous assurer qu’avec moi vos guerriers échapperont avec succès à une mort par les armes.

 

Rintam hésitait à demander à Gron de poursuivre, mais une pulsion qu’il qualifia de peu sensée l’incita à tolérer encore un peu le délire du gobelin.

 

Rintam : Et de quelle façon comptes-tu t’y prendre ?

Gron : Ha ha vous voulez connaître mon secret infaillible ?

 

Rintam avait l’intime conviction qu’il aurait le droit à de la loufoquerie, mais sa curiosité l’emporta. Donc il autorisa son subordonné à poursuivre.

 

Gron : Si vous me laissez le commandement sur vos troupes, elles seront trop mimi pour être attaquées, si je leur transmets ma technique ancestrale du couinement de terreur !

 

Rintam ne put retenir une larme de frustration à cause de la dernière réplique de son subalterne. Il se demandait ce qu’il avait fait pour mériter des sbires aussi spéciaux. Pour une fois Gron sentait que le terrain était glissant, qu’il valait mieux ne pas insister. Donc il opta pour changer de sujet.

 

Gron : Il ne nous reste plus qu’à partir peu de temps après l’assassinat de César.

Rintam : Tu as fait une remarque pertinente pour une fois, pourtant ce n’est pas un jour d’éclipse totale de soleil. Il n’y a pas de phénomène particulier qui explique ton accès d’intelligence. Bon partons maintenant.

 

Rintam l’ambitieux et Gron le gobelin entamèrent  un périple spatio-temporel. Ce fut Rintam qui fit l’essentiel du travail, il s’empara du corps mort de César le dignitaire au milieu d’une foule surprise. Les sénateurs romains qui tuèrent le dignitaire, se demandaient quel comportement adopter. Quelques-uns se prosternèrent, d’autres se frottèrent les yeux, ou se pincèrent pour voir s’ils ne rêvaient pas. Certains tentèrent de s’approcher pour toucher l’ambitieux, cependant celui-ci disparut très vite, personne de vivant n’eut de contact physique avec lui durant son voyage à Rome, dehors près du Sénat, une importante instance politique.

Rintam créa une véritable panique bien qu’il agit avec rapidité. Certains romains crurent qu’un être maléfique enleva César, mais la majorité pensa que le dignitaire s’avérait le bénéficiaire d’une faveur divine. Qu’il reçut pour récompense de séjourner parmi les divinités, voire qu’il devint lui-même un dieu.

Après un court moment de peur, la foule poussa des vivats, et massacra les assassins de César. Ainsi Rintam avait modifié l’histoire de l’empire romain. Il n’aurait pas été contre laissé comme trace de son passage, un message dans le ciel le glorifiant. Mais il se dit qu’il engendra assez de bouleversements historiques pour aujourd’hui. Que s’il choisissait un comportement trop voyant, cela provoquerait peut-être des nuisances futures. Le voyage dans le temps était un vif sujet de polémique, une opération susceptible d’attirer sur soi des ennuis monstrueux de la part de certains mages conservateurs. Donc il valait mieux opter pour un minimum de discrétion avec les déplacements temporels.

 

Gron : Vous avez agi avec une grande célérité maître, à peine avez-vous débarqué dans l’époque romaine, que vous vous êtes emparé du corps de César en moins de cinq secondes.

Rintam : Il était impératif d’être rapide, sinon mon plan aurait échoué. Maintenant amène le corps de César dans la salle des rituels, je vais le ressusciter.

Gron : Maître j’aurais besoin d’aide, César pèse beaucoup plus lourd que moi, et je ne suis pas un gobelin très costaud.

Rintam : Dans ce cas fais-toi aider par un orque. En attendant je vais me restaurer, mon périple dans le temps et l’espace m’a donné soif et faim.

 

Rintam descendit un escalier, et rencontra un orque.

 

Orque : ha, ha, ha je suis riche, riche, toute cette poussière va faire ma fortune.

Rintam : De quoi parles-tu ?

Orque : Je connais le secret de votre richesse, maître, il s’agit de la poussière. Quand mon contrat avec vous sera fini, je prendrai mon indépendance et j’aurai mon propre donjon.

Rintam : La poussière que l’on trouve sur les meubles ou le sol, bref la saleté n’a jamais rendu riche qui que ce soit.

Orque : Inutile de faire l’ignorant, votre secret a été révélé.

Rintam : Mais bien sûr, à ta place j’irais voir un guérisseur pour qu’il s’occupe de ta tête.

 

Vingt minutes plus tard, Rintam regagna son laboratoire de magie.

 

Gron : Vous avez fait vite maître, vous devez avoir pris un repas rapide.

Rintam : J’avais faim, mais d’un autre côté je suis impatient d’avoir Jules César à mes côtés.

Gron : J’ai un mauvais pressentiment, il faudrait peut-être attacher César, pour éviter un désagrément.

Rintam : Inutile, je ne suis pas un débutant en matière de résurrection des morts.

Gron : C’est vrai, mais un mort qui revient à la vie, a tendance à être agressif et désorienté.

Rintam : Il n’y a nul besoin de cordes, dans le pire des cas je jetterai un enchantement de paralysie sur César. Que le trépassé revienne à la vie.

César : Bheu, gheu, cerveau miam, miam.

Rintam : Paralysie magique. César est immobilisé. Zut il semble que les voyages dans le temps, empêche une résurrection correcte des morts.

Gron : Vous voulez dire que tout ce qu’on peut obtenir d’un trépassé ayant voyagé dans le futur ou le passé, c’est un zombie mangeur de cervelle ?

Rintam : Tu as tout compris Gron. Il va falloir kidnapper César quand il était vivant. Nous partons tout de suite. C’est bizarre tu racontes quelque chose de pertinent au lieu de me faire chier.

 

Gron : Si j’ai une fonction de remède contre la constipation, je peux avoir un salaire plus élevé ?

Rintam : Hein ?

Gron : C’est écrit sur mon contrat, chacune de mes fonctions m’autorise une rémunération d’une pièce d’argent par mois.

Rintam : Gron comment fais-tu pour ignorer la différence entre le sens figuré et propre ?

Gron : Franchement je ne comprends pas, le caca c’est jamais propre, mais toujours sale.

Rintam : Rah je craque !

Gron : Si vous voulez je peux parfumer mon caca pour qu’il sente moins mauvais.

 

Après que Rintam ait donné quelques baffes à Gron et étouffé l’envie de pleurer, il s’élança avec le gobelin dans un nouveau voyage temporel.

 

César : Mais que ?

 

César fut assommé, ensuite Rintam l’ambitieux revint dans son donjon avec Gron et César le dignitaire romain. Cette fois Rintam ne fit pas d’apparition saisissante devant une foule nombreuse. En effet l’ambitieux choisit d’attraper le dignitaire, alors que celui-ci était relativement peu entouré à l’intérieur du jardin de sa villa. Il voulait du calme pour bénéficier plus facilement d’inspiration, à cause de son envie d’écrire des poésies. Au moment de l’enlèvement, il n’avait que quelques serviteurs qui veillaient sur lui. César avait plusieurs cordes à son arc en tant qu’écrivain. Il n’était pas seulement un propagandiste qui créait des œuvres afin d’augmenter sa gloire. Il était capable de mettre au point des écrits intéressants dans divers domaines, qui allaient de l’autobiographie au traité de grammaire. Les domestiques finirent par donner l’alerte au bout de quelques heures.

Le deuxième rapt auquel s’était livré Rintam, annula les bouleversements suscités par le premier enlèvement de César.

Rintam était préoccupé par l’état du dignitaire comme il manquait de muscles, il recourut à un sort de magie pour assommer César. Problème il y était allé plutôt fort, donc le dignitaire s’avérait dans un sale état. Si l’ambitieux n’intervenait pas rapidement, César pouvait mourir à cause du sang qu’il perdait.

 

Rintam : Il est urgent de stabiliser l’état de César. Je vais le soigner avec la magie. Soins surnaturels.

 

Le sortilège guérit toutes les blessures de César et le réveilla. Il fit garder la porte de la pièce par un orque.

 

César : Comment avez-vous osé lever la main sur moi, magicien ? Je vous préviens s’en prendre à moi, vous coûtera très cher.

Rintam : J’ai une proposition alléchante à te faire, je te propose de m’aider à régner sur un monde.

César : Je refuse d’être le subordonné de qui que ce soit.

Rintam : C’est très dommage, tu passes à côté d’une occasion en or. Tout ce qui me manque pour garantir mes victoires, c’est un bon stratège militaire qui me secondera.

César : De quelles forces militaires disposez-vous ?

Rintam : J’ai plusieurs centaines de soldats.

César : C’est tout ? Même si j’acceptais de vous aider, il vous faudrait des décennies pour que vous deveniez roi d’un petit royaume. Alors ma réponse est définitivement non.

Rintam : Je te laisse une dernière chance, sers-moi ou meurs.

 

Gron avait envie d’intervenir pour faire changer d’avis César, donc il réfléchit fort sur un moyen d’aider. Ce romain semblait trop fier pour ne pas avoir envie de cracher du venin par la parole. Alors il était nécessaire de l’impressionner positivement. Ainsi Gron concocta ce qu’il appelait le plan du siècle. Il allait montrer un tour qu’il mit des années à maîtriser, sa capacité à ouvrir des noix avec ses fesses musclées. Il était certain que cette démonstration allait convaincre César d’organiser une armée qui se baladait les fesses à l’air. Le gobelin avait entendu dire que plus on étonnait ses ennemis plus on obtenait un avantage tactique évident sur eux. Or tout ce qui découvrirent son tour avec les noix étaient clairement ébahis. C’était un argument magnifique prouvant de manière indiscutable que des fesses musclées valaient toutes les armes du monde.

Cependant Rintam jeta un regard bien explicite à son subordonné, disant que s’il faisait le malin, il serait châtié. L’ambitieux devina que Gron avait des intentions de faire le spécial à cause de son regard pétillant. Ainsi même si le gobelin voulait redresser la situation avec son raisonnement particulier, il s’abstint de participer par crainte d’une punition.

 

César : Vous feriez mieux d’abandonner vos projets et de vous consacrer à une activité qui correspond à vos capacités, comme par exemple le maniement du balai. Quoique j’ai l’impression de vous surestimer.

Rintam : Que veux-tu dire ?

César : Que pour apprendre à balayer correctement, il vous faudra sans doute de nombreuses années d’entraînement intensif.

Rintam : Tes insultes te rapprochent de la mort.

César : Je comprends que tu te sentes vexé et aussi en danger, si tu balayais, tu prendrais le risque d’abîmer ton cerveau, que dis-je ta poussière cérébrale dans le cas où elle sortirait de ta tête.

Orque : Maître Rintam je peux vous ouvrir le crâne ? J’ai très envie de collecter votre poussière.

 

Cette intervention provoqua un moment de flottement, un vif saisissement chez l’ambitieux et César. L’orque paraissait prendre pour une bénédiction silencieuse, le profond étonnement de Rintam. Alors il se rapprocha tout en dégainant sa lourde épée rouillée avec l’intention de s’en servir sur le crâne de son maître. L’ambitieux était tenté de vaporiser avec un sort l’orque. Mais il avait peut-être juste affaire à un malentendu débile.

 

Rintam : Crétin je t’interdis formellement de chercher à m’ouvrir la tête.

Orque : Bien maître.

 

Après que l’orque ait regagné son poste, visiblement assez contrarié, Rintam se mit à réfléchir. Il  hésitait sur la punition à adopter pour celui qui refusa son offre de recrutement. Il entendit dire que César s’avérait un fabuleux stratège, qu’il pouvait transformer une situation désespérée en victoire éclatante grâce à ses compétences. Mais il y avait un fort niveau de fierté chez lui, assorti d’un mépris non voilé pour l’ambitieux. Alors Rintam se mit à penser qu’il risquait de perdre son temps s’il tentait de contraindre César à travailler pour lui. Il doutait que son interlocuteur ne lui obéisse à moins d’être brisé par des tortures. Mais il estimait que des supplices seraient contre-productifs dans le sens qu’ils diminueraient la valeur intellectuelle du stratège.

Surtout que même si César avait une certaine résistance physique, il n’était pas non plus un dur extrême en terme de résolution. Il pouvait marcher longtemps sans se fatiguer, et porter de lourdes charges, mais sa volonté n’était pas de fer. Il y avait une possibilité réelle de le transformer en une loque pitoyable, en cherchant à le torturer pour le rendre plus obéissant.

Rintam ne pouvait quand même pas pardonner les injures du stratège. Il nuirait à sa réputation en permettant qu’une personne enlevée dans son donjon puisse balancer des insultes et s’en tirer. Il chercha alors quelques conseils auprès de Gron, mais les suggestions ne furent pas très constructives. Vu que le gobelin proposait des mesures loufoques, comme donner un peu de papier toilette triple épaisseur extra-super-ultra moelleux à César, puis le «châtier» en lui fournissant ensuite du double épaisseur seulement extra-moelleux.

L’ambitieux énervé par les pitreries de Gron choisit une solution expéditive et mortelle.

 

Rintam : Éclairs transpercez mon ennemi.

César : Argh je meurs.

Rintam (contrarié) : Bon je n’ai plus qu’à chercher un autre stratège.

 

Gron, après avoir aidé à balancer le cadavre de César sur un tas de compost, alla vers sa chambre en arborant un air de conspirateur. Ensuite il exhiba un ensemble d’engrenages qui formait une mécanique complexe de sous une latte du plancher. Et il huila avec amour certaines parties de sa machine à l’apparence complexe.

 



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