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Chapitre 6-1 – Sac
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Chapitre 6-1 – Sac

Le moral n’était pas au beau fixe pour Elilim et Gron. Sans l’aide de Rintam, l’apocalypse fomentée par Abigor le roi-démon contre le monde de Gerboisia, sera très difficile à stopper. Quand Abigor sera pleinement régénéré, il risquera fort de lancer une offensive générale contre nombre de gens.

Le roi-démon s’avérait capable de raffinements de cruauté très élaborés contre ceux qui lui parlaient un peu sèchement. Ainsi Abigor détruisit une fois un monde, parce qu’un de ses adeptes lui dit qu’il était sévère. De plus le roi-démon question rancune allait très loin, un jour un humain lui cracha dessus. Abigor se vengea cent générations plus tard sur un des descendants du cracheur, il le tua très lentement.

Les seules preuves que le monde de Gerboisia ait contenu de la vie végétale et animale, risquaient de se trouver dans un avenir proche seulement dans l’herbier, le jardin et le zoo du roi-démon. Ce lieu lui servait à conserver une trace de ses méfaits. Il pensait d’ailleurs que garder quelques spécimens et végétaux en vie après avoir détruit un monde, était un moyen de flatter son égo.

Quand Abigor décidait de détruire une planète, il allait généralement très loin. Il s’arrangeait pour que le monde visé ne contienne même plus d’algues, d’herbes et de vie microbienne. Il voulait que même plusieurs millions d’années après son passage destructeur, la vie ne revienne pas. Abigor adorait son surnom de destructeur ultime. Seuls les plus désespérés priaient le roi-démon. Ceux qui le vénéraient à moins d’avoir une grande utilité, périssaient, et voyaient leurs proches, leurs voisins, leurs ennemis, leurs relations éloignées mourir dans d’affreuses souffrances.

Quand on demandait au roi-démon de détruire quelque chose ou quelqu’un, Abigor se chargeait avec joie d’obéir au souhait. Mais il avait la fâcheuse tendance de faire beaucoup plus que ce qu’on espérait de lui. Un sorcier qui ne souhaitait que la mort d’une seule personne, s’il faisait affaire avec le roi-démon, risquait de devoir supporter la culpabilité du trépas de milliards d’individus.

Elilim l’archimage n’arrivait pas à trouver de solution pour ressusciter Rintam, malgré des recherches désespérées dans des bibliothèques, et auprès de plusieurs autres mages. Il revint chez lui pour une ultime tentative, mais même ses étagères remplies de milliers de grimoires n’apportaient pas de solution.

Elilim : Nous sommes fichus, Abigor va transformer notre monde en terrible enfer. Gerboisia va devenir une lande désolée.

Gron : Je suis certain que tout espoir n’est pas perdu, qu’il existe une solution. Abigor est peut-être un roi-démon très puissant, mais il n’est pas invincible. Il reste une chance, je refuse de croire que c’est le néant de la mort qui nous guette.

Elilim : Le Néant voilà la solution, en canalisant une partie du pouvoir d’une relique du Néant, il devient possible d’accomplir des choses insensées.

Gron : Il reste à savoir quelle relique sera adaptée, pour la résurrection de maître Rintam.

Elilim : Toutes les reliques sont assez puissantes, pour permettre à Rintam de revenir à la vie. Le problème vient du fait, que la plupart des reliques est inaccessible.

Gron : On pourrait demander à Arthur le chevalier des elfes, de nous prêter ses reliques.

Elilim : Il vaut mieux ne pas entrer en contact avec Arthur, vu que je fais partie d’une organisation qui a juré sa perte. De plus Rintam détesterait avoir une dette envers Arthur. Non le plus simple pour nous deux, sera de nous emparer du sac du Néant.

Gron : Où se trouve le sac ?

Elilim : Dans la tombe du grand chef orque Casseurdebras, pour l’atteindre il nous faudra traverser des déserts brûlants, monter des pentes escarpées où la moindre erreur pourra signifier notre mort par le froid, et affronter des créatures monstrueuses.

Gron : Que puis-je faire pour augmenter les chances de réussite de notre périple ?

Elilim : Si vous voulez me rendre service, vous pouvez passer un coup de balai devant ma boutique.

Gron : Les balais protègent des monstres ?

Elilim : Pas du tout.

Gron : Manier le balai aide à résister à la chaleur ou au froid ?

Elilim : Je vais vous apprendre un grand secret Gron, les balais servent avant tout à enlever la poussière.

Gron : Je ne savais pas que le rapt de poussière pouvait rapporter de l’argent. Combien de pièces d’or comptez-vous acquérir ?

Elilim : Gron arrêtez de dire des âneries et balayez.

Gron (ton de conspirateur) : Ah je vois, moins les gens en savent sur votre secret, plus vous êtes riche. Mais pourquoi n’essayez-vous pas de nous téléporter près de la tombe de Casseurdebras ?

Elilim : J’ai besoin d’un objet qui serve de lien, pour me téléporter près d’un lieu que je n’ai jamais vu. Or je ne dispose pas d’un tel objet.

Elilim l’archimage elfe qui se rendit dans le donjon de Rintam, conseilla à Gron le gobelin de bien se préparer pour le long voyage qui les attendait tous les deux. En effet les périls à affronter seraient nombreux, avant d’arriver jusqu’à la tombe du grand chef orque Casseurdebras. Il faudrait des semaines voire des mois avant d’arriver à la tombe, de plus il était nécessaire de voyager à pied. Elilim ne savait pas monter à cheval, et surtout il n’avait pas du tout envie d’apprendre.

Il éprouvait une phobie des chevaux suite au coup de sabot que lui infligea un étalon dans son enfance. Résultat l’elfe eut le nez cassé, il fallut recourir à la magie pour lui rendre son ancien aspect. En prime des chevaux constituaient un gros handicap à certains endroits. Ils attiraient la convoitise des voleurs, pouvaient faire tomber leur cavalier face à certaines créatures. L’archimage serait dans une position handicapante pour jeter des sorts, s’il chevauchait un étalon.

Elilim passait en revue les principaux dangers qui l’attendaient. Il faillit se dire qu’il fallait abandonner quand il arriva au centième péril potentiel, les hordes de barbares assoiffés de sang. Puis il se ressaisit, s’il flanchait tous ceux qu’il aimait subiraient une mort douloureuse, ainsi que la disparition de leur âme. Gron surgit dans un couloir du donjon pour demander pourquoi il fallait voyager à pied.

Gron : Qu’est-ce qui vous gêne exactement, dans le fait d’utiliser un cheval ou un poney ?

Elilim : Je souffre d’une allergie sévère aux poils de cheval.

Gron : Je vous ai déjà vu à côté d’un étalon, vous sembliez surtout avoir peur.

Elilim : En effet j’avais peur d’être ridicule voire pire.

Gron : Vous pouvez préciser vos propos, je ne comprends pas ce que vous dites.

Elilim : La proximité d’un cheval me donne envie de siffler, ce qui est très dangereux pour moi.

Gron : Là j’ai besoin d’explications.

Elilim (ment) : Quand un elfe siffle euh, il se transforme euh en papier toilettes à simple épaisseur.

Gron (enthousiaste) : La transformation est temporaire ou permanente ?

Elilim : Permanente, sauf si un mage de haut niveau me redonne mon apparence d’origine.

Gron (déçu) : Oh c’est dommage que les conditions soient strictes pour retrouver votre apparence. Sinon je vous aurais bien utiliser un peu pour m’essuyer.

Elilim : Pourquoi donc ?

Gron : Pour augmenter ma réputation évidemment, je me fais un devoir d’avoir les fesses essuyées par les papiers toilettes les plus rares qui soient.

Elilim : C’est un objectif assez nase.

Gron : Après réflexions vous avez raison.

Elilim : Ah enfin une remarque intelligente.

Gron : Je serais indigne du divin papier, si je m’abaissais à la simple épaisseur. Cela serait renier ma devise de vie : «Au minimum du triple épaisseur ou la mort ».

Elilim (très étonné) : Je suis dans la dimension n’importe quoi. Revenons à des choses plus réalistes, vous avez des informations sur le sac du Néant ?

Gron : Il y a moyen d’aller rapidement chercher le sac du Néant, sans l’appui d’un cheval. Dans la collection de mon maître, il y a plusieurs morceaux de la tombe de Casseurdebras.

Elilim : Parfait dans ce cas rapportez-moi un morceau. Il faut qu’il pèse au moins un kilo.

Malheureusement il valait mieux être patient, quand on chargeait Gron d’une tâche. Elilim l’apprit à ses dépens alors qu’il patientait dans la salle des rituels majeurs du donjon, un bon endroit d’après lui pour lancer un sort.

Gron : Voici ce que vous m’avez demandé.

Elilim : Gron vous m’avez rapporté un grain de poussière, vous vous moquez de moi ?

Gron : Non j’avais juste envie de ne pas me faire mal aux bras.

Elilim : Je veux un morceau beaucoup plus gros.

Gron obéit mais son travail n’était pas encore satisfaisant.

Gron : Voilà ce que vous désirez.

Elilim : Effectivement le morceau au lieu d’un gramme pèse dix grammes, il y a du progrès. Écoutez, je veux le plus gros morceau de la collection de votre maître.

Gron : Dans ce cas, il faudra que vous ouvriez totalement la grande fenêtre de cette pièce.

Elilim l’archimage elfe se moquait de Gron le gobelin quand il disait que le fait de siffler, le transformait en papier toilette. Il regrettait son mensonge à l’égard de Gron, et il songeait à s’excuser. Toutefois s’il ne se dépêchait pas, il risquait de ne plus pouvoir présenter de regrets. Le gobelin s’apprêtait à avoir une idée stupide, et aussi mortelle. Si l’archimage manquait de réflexes, il mourrait. Le bon côté des choses venait du fait qu’Elilim ne souffrirait pas beaucoup, s’il n’arrivait pas à éviter ce qui lui était destiné.

Elilim : Gron en met du temps, je me demande ce qu’il fait.

Gron : Monsieur Elilim, le morceau est prêt à être expédié.

Elilim (s’approche de la fenêtre) : Pas trop tôt, mais que faites-vous avec cette catapulte ?

Gron : Je vous envoie la plus grosse pierre de mon maître. Attrapez.

Elilim n’en croyait pas ses yeux et ses oreilles, Gron le manipulait depuis le début. Il faisait semblant d’être un crétin, mais en fait il œuvrait en réalité pour Abigor le roi-démon. La surprise et le désarroi de l’archimage, l’empêcha de réagir pendant une seconde. Alors le projectile envoyé par la catapulte, se rapprocha dangereusement d’Elilim. L’elfe se demanda depuis combien de temps le gobelin travaillait pour le roi-démon, des semaines, des mois, des années ? Il se dit que Gron s’avérait un sacré manipulateur. Son apparente stupidité n’était sans doute qu’un masque, destiné à tromper son entourage.

Elilim salua la performance de menteur du gobelin. Gron savait très bien s’y prendre pour tromper, il avait un don pour paraître inoffensif et idiot, alors qu’il était en fait retors et machiavélique. Mais tout n’était pas perdu, Elilim manquait de temps, mais il pouvait survivre au rocher qui s’avançait très vite vers lui, s’il sacrifiait un peu de son espérance de vie, pour lancer plus rapidement un sortilège.

L’archimage incanta un enchantement à très grande vitesse, il récita mentalement à un débit ahurissant le texte du sort de protection. Cela n’était pas sans effets négatifs, une migraine atroce s’empara d’Elilim et un voile rouge lui recouvrit les yeux. Recourir à un sort puissant à toute vitesse, constituait souvent une conduite lourde de conséquences. Mais l’archimage n’avait pas le choix, soit il réussissait à contrer le projectile volumineux qui fonçait sur lui, soit le sort du monde de Gerboisia s’avérait scellé.

La planète serait condamnée à se consumer dans les flammes. L’idée que les magnifiques forêts qui abritaient des communautés elfes disparaissent, plongea dans une colère noire Elilim. Ce ressentiment lui donna des forces supplémentaires. Alors il réussit à invoquer un bouclier magique. Mais ce n’était pas suffisant le rempart mystique fait de lumière blanche ralentissait le rocher, mais la course du projectile demeurait rapide.

Elilim vit l’ensemble de sa vie défiler devant ses yeux, de sa petite enfance à maintenant, ses premières joies, son premier amour, son début d’entraînement à la magie, la mort de son père puis de sa mère. Dans un ultime sursaut, l’archimage puisa dans des forces cachées, pour renforcer son sort, il fournit un effort démentiel, il sentait qu’il allait s’évanouir. Toutefois par amour de la nature et de la race elfique il réussit à tenir bon. Le rocher finit par stopper sa course juste devant Elilim. Malheureusement l’archimage complètement épuisé, perdit momentanément conscience. Gron rejoignit Elilim, intrigué par le fait que l’elfe ne lui réponde pas.

Le gobelin balança bien un rocher sur quelqu’un, mais son intention de tuer n’existait pas. Il oublia juste que peu de gens étaient capables de parer efficacement un projectile de plusieurs dizaines de kilos.

Gron : Vous êtes satisfait monsieur Elilim ?

Elilim (excédé) : À votre avis triple buse ? J’ai failli être tué par un gros rocher ! Sans mon sort de protection je finissais écrasé !

Gron : Je comprends votre colère, mais d’un autre côté, un seul tir a été nécessaire pour vous envoyer ce que vous aviez demandé.

Elilim : Pourquoi n’avoir pas transporté par une manière classique le rocher ?

Gron : Il était trop gros pour passer l’escalier en colimaçon, parfois vous posez des questions bêtes.

Elilim (tente de contenir sa colère) : Reste calme, Gron est un idiot, mais ce n’est pas de sa faute s’il agit comme un abruti.

Gron : Ah zut je me suis trompé je n’ai pris que le deuxième plus gros morceau de la tombe de Casseurdebras. Je vais devoir tirer de nouveau à la catapulte.

Gron se ramassa une baffe.

Elilim : Continuez à faire l’imbécile Gron, et je vous tabasse !

Gron : Ce n’est pas juste, seul maître Rintam peut lever la main sur moi. Et puis j’ai le droit de balancer des rochers sur les gens.

Gron ne continua pas de parler par peur d’une nouvelle gifle, mais Elilim l’invita à argumenter mû par l’envie de voir quel argument spécial allait employer le gobelin.

Elilim : Je suis curieux d’entendre votre justification débile. Allez poursuivez.

Gron : Le prophète bourré a dit dans un de ses discours les plus célèbres. Que celui qui n’a jamais pèché «contre autrui» lui jette une pierre. Comme je n’ai jamais chercher à pêcher le poisson appelé «contre autrui», j’ai le droit d’après les dieux d’envoyer des rochers de pierre sur les gens, c’est parfaitement logique.

Elilim avait l’impression d’être dans une dimension qui ne respectait pas la logique en entendant les mots de Gron. Puis il décida de changer de sujet.

Elilim : Bon le gros morceau de tombe présent dans cette pièce, est suffisant pour nous permettre de nous téléporter vous et moi vers notre destination. Accrochez-vous à moi, nous partons, par le téléportus.



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