Chapitre 001 – Commencement.
Un ciel d’un bleu pur s’étendait à perte de vue au-dessus du village reculé de Gandon, un petit village de chasseurs isolé du reste du monde. L’air y était frais, saturé de l’odeur de terre humide et de végétation sauvage.
Autour du village, d’immenses montagnes encerclaient les plaines comme des géants endormis, tandis que des forêts denses engloutissaient toute trace de civilisation à seulement quelques kilomètres.
Dans ce monde oublié, la vie était simple… presque primitive. Les habitants vivaient de chasse, d’élevage et de commerce occasionnel avec les rares marchands capables de traverser la forêt. Les récits du monde extérieur, des grandes sectes et des cultivateurs semblaient presque irréels pour beaucoup d’entre eux. Mais ce jour-là… Quelque chose allait briser cette tranquillité.
Deux silhouettes traversaient les hautes herbes en riant, perturbant le calme de la nature. Eric Johnson et son ami Ma Long poursuivaient une biche qui filait entre les arbres avec une rapidité inhabituelle. Leurs pas écrasaient la boue humide tandis que les branches fouettaient leurs visages. Leurs vêtements étaient couverts de terre et de sueur, mais aucun des deux ne ralentissait. Ils étaient reconnus comme les meilleurs chasseurs de leur génération.
Eric avait perdu ses parents à l’âge d’un an et avait été recueilli par ses voisins : la famille Ma.
Ayant grandi ensemble et étant du même âge, lui et Ma Long étaient devenus inséparables, presque comme des jumeaux. Les villageois les voyaient comme des frères et les appréciaient énormément. La différence entre eux, pourtant, était évidente : Ma Long dominait physiquement. Plus grand, plus massif, doté d’une endurance presque inhumaine, il avançait avec une aisance naturelle, comme si la forêt elle-même lui appartenait.
« Elle est rapide aujourd’hui ! » lança-t-il en riant, accélérant sans effort.
Essoufflé, Eric esquiva une branche basse et répondit avec un sourire : « Rapide ? C’est surtout toi qui prends ton temps… sinon je l’aurais déjà eu ! » Un rire franc éclata, faisant vibrer légèrement les feuillages autour d’eux.
« Continue à parler et tu vas finir dans la boue. Là, je te dépasse sans forcer ! »
Eric serra les dents sans répondre, concentré sur sa course. Il connaissait parfaitement son désavantage physique : en vitesse et en endurance pure, il ne pouvait rivaliser. Mais dans les bois, il compensait par son sens de l’observation et son instinct de pisteur. Devant eux, la biche changea soudain de trajectoire et s’enfonça dans une zone plus dense de la forêt. Son mouvement était étrange. Trop fluide. Trop précis. Comme si elle connaissait chaque recoin du terrain. Mais ils n’eurent pas le temps de s’interroger. L’instinct de chasse prenait le dessus. Et pour eux, il ne s’agissait encore que d’un simple gibier. Ils étaient jeunes. Trop jeunes pour comprendre qu’ils venaient de franchir une limite invisible.
Après plusieurs minutes d’effort intense, la situation bascula brutalement. La biche profita d’un terrain plus dense et accidenté pour disparaître entre les arbres. En quelques bonds parfaitement maîtrisés, elle les sema sans difficulté, comme avalée par la forêt elle-même. Ma Long s’arrêta immédiatement. Son corps robuste encaissait encore l’effort sans difficulté, mais il comprit qu’insister était inutile. D’un geste, il indiqua la pause, laissant Eric reprendre son souffle. Ce dernier posa les mains sur ses genoux, respirant lourdement. Malgré sa détermination, il restait inférieur physiquement. Il ne s’en plaignait jamais, mais cette réalité pesait parfois sur lui plus qu’il ne l’admettait.
Ma Long tourna la tête vers lui. « Dans une semaine… je passe l’examen d’entrée de l’Ouragan Sacré. » Sa voix était calme, mais une excitation difficile à cacher brillait dans ses yeux.
Éric releva la tête et força un sourire. « Tu vas réussir. Personne au village ne peut te battre. » C’était sincère.
Pourtant, une légère ombre traversa son regard. Pas de jalousie. Seulement une envie silencieuse. Lui aussi aurait aimé faire partie de ce monde. Le monde des cultivateurs. Mais la réalité était différente. Le village de Gandon vivait isolé du reste du monde, entouré par une forêt immense et dangereuse. Peu de personnes osaient la traverser. Seuls quelques commerçants expérimentés revenaient parfois de l’extérieur, rapportant des récits sur les sectes, les cultivateurs et les êtres capables de défier les lois naturelles. Voler. Marcher sur l’eau. Manipuler les éléments. Pour les habitants du village, tout cela ressemblait presque à des légendes. Mais ces récits avaient toujours un prix. Chaque expédition coûtait des vies. De nombreux guerriers disparaissaient dans les profondeurs de la forêt, dévorés par des bêtes plus terrifiantes que celles des environs de Gandon.
Même Samba, le plus grand chasseur de la génération précédente, avait échoué. Il avait tenté l’examen de l’Ouragan Sacré lorsqu’il avait quinze ans… sans succès. D’après ses explications, pour être accepté, il fallait avoir aux plus quinze ans et être capable de soulever au minimum deux cent cinquante kilogrammes. Éric n’en soulevait que deux cents. Il le savait. Et cela lui faisait mal. Ma Long remarqua son silence. Il éclata soudainement de rire. « Ha ! Ha ! Bien dit mon frère ! Bien dit ! »
Rien que l’idée de devenir cultivateur suffisait à l’enthousiasmer. Puis son expression redevint sérieuse. « Mais Éric… pourquoi ne pas venir tenter ta chance avec moi ? »
Éric secoua doucement la tête. « Tu sais très bien que je n’ai pas ta force. Je vais continuer à m’entraîner et passer le test l’année prochaine. »
Ma Long resta silencieux quelques secondes. Puis un sourire confiant apparut sur son visage. Il n’avait jamais douté. Sa force monstrueuse, acquise après des années d’entraînement et un passé que personne ne comprenait réellement, nourrissait sa conviction. Depuis quatre ans, il s’entraînait sans relâche à la course, à la musculation et au combat. À douze ans seulement, il était déjà l’homme le plus fort du village. Et il croyait sincèrement pouvoir traverser la forêt, rejoindre le monde extérieur et devenir disciple de l’Ouragan Sacré.
Il posa sa main sur l’épaule d’Éric. « Ne t’en fais pas. Quand je serai dans la secte, je vais te balayer le terrain. L’année prochaine, tu passeras haut la main. » Puis il éclata de rire avant d’ajouter : « Et quand je deviendrai disciple… je reviendrai ici en maître. Je te sortirai de ce village, même si je dois te porter moi-même ! »
Éric éclata de rire à son tour. « Commence déjà par me rattraper dans cette forêt. » Les deux amis rirent ensemble. Un moment simple. Chaleureux. Presque hors du temps.
Mais aucun d’eux ne savait qu’au même instant… Le monde des cultivateurs était déjà en train de sombrer dans le chaos. Le changement fut perçu en premier par les êtres les plus puissants du monde : les Vénérables, ceux que les mortels considéraient comme les véritables cultivateurs.
À des millions de kilomètres du petit village de Gandon, une immense secte dominait une vallée entière. Des centaines de milliers de disciples étaient alignés sur une place gigantesque, vêtus de longues robes blanches ornées d’un lotus rose au niveau du cœur. L’atmosphère était lourde, oppressante, comme si le ciel lui-même retenait son souffle. Même le vent semblait hésiter à traverser la place.
Face aux disciples s’élevait une structure colossale en forme de lotus sacré. Vingt immenses pavillons formaient ses pétales, chacun représentant un niveau d’autorité et de pouvoir au sein de la secte. Au centre se trouvait le cœur du Lotus Sacré, le véritable noyau de l’organisation, un lieu si important que même la plupart des anciens n’avaient jamais le droit d’y pénétrer. Au-dessus de l’esplanade, un immense balcon semi-circulaire flottait dans les airs. Quatre vieillards y méditaient en position du lotus, suspendus dans le vide, les yeux fermés. Leur simple présence suffisait à faire trembler les disciples les plus faibles. Tous les regards étaient remplis de vénération. Mais aussi d’inquiétude.
Des murmures commencèrent rapidement à parcourir les rangs.
« Pourquoi le maitre de Secte nous a-t-il convoqués ? »
« Je ne sais pas… mais quelque chose ne va pas. Même les disciples en retraite sont revenus. »
« Regardez les anciens… ils ont l’air nerveux. »
« Peut-être la désignation du prochain Successeur des Huit Pétales ? »
« Impossible. Pour une simple annonce, ils n’auraient jamais rassemblé autant de monde. »
Les discussions restaient discrètes, mais l’agitation devenait difficile à contenir. On pouvait facilement distinguer plusieurs catégories de disciples selon leurs uniformes. La majorité portait la lettre O brodée sur la poitrine. D’autres arboraient la lettre I, signe d’un rang supérieur. Mais cent disciples se démarquaient complètement du reste. Ils occupaient leur propre rangée, juste derrière les anciens, vêtus d’habits marqués de la lettre C. Leur présence imposait naturellement le silence autour d’eux. Certains dégageaient une pression si lourde que les disciples ordinaires évitaient même de croiser leur regard.
Soudain— Une voix puissante résonna dans toute la vallée. « Saluez le Maître de Secte ! » Instantanément, la place entière s’agenouilla à moitié dans un mouvement parfaitement synchronisé. « Longue vie au Maître ! »
Le cri collectif secoua les montagnes environnantes. Puis… un vieil homme apparut lentement au sommet du balcon. Il semblait ordinaire. Presque insignifiant. Aucune aura visible. Aucune pression écrasante. Et pourtant… au moment où son pied toucha le sol, l’espace vibra légèrement autour de lui. Les disciples sentirent leur respiration se bloquer. Même les anciens baissèrent instinctivement la tête.
Le maître de secte était arrivé. Il leva lentement les yeux vers le ciel noirci. Son regard semblait traverser les nuages eux-mêmes. Puis il parla d’une voix grave qui résonna dans toute la secte. « Les Néons sont en désordre. » Le silence devint encore plus lourd. « L’atmosphère du monde est en mutation… et le destin lui-même commence à vaciller. » Certains disciples pâlirent immédiatement. Même les anciens échangèrent des regards tendus.
Le vieil homme poursuivit : « Un changement approche. Un tournant qui déterminera l’essor… ou la chute de nombreuses sectes. » À ces mots, un frisson parcourut toute l’assemblée.
Puis, ailleurs dans le monde… Les mêmes scènes commencèrent à se produire.
Dans un palais noir suspendu au-dessus des nuages, un homme assis sur un immense trône ouvrit brutalement les yeux. Une vague de pression invisible traversa la salle. « Le niveau de Néon augmente… » déclara-t-il froidement. Des dizaines de disciples s’agenouillèrent immédiatement. « Investiguez les causes. Maintenant. »
« Oui, Maître ! »
Dans une montagne isolée, un autre Vénérable interrompit sa méditation millénaire. Dans les mers du Sud, des créatures gigantesques émergèrent des profondeurs. Dans les terres interdites, des bêtes anciennes rugirent vers le ciel.
Peu à peu… Le changement devint visible partout. Le vent se leva brutalement. Les nuages commencèrent à tourner comme un immense vortex. La pluie tomba violemment. Puis une tempête monstrueuse balaya le monde. Le ciel s’assombrit totalement. Le tonnerre gronda avec une violence anormale. Des éclairs déchirèrent les cieux comme des fissures lumineuses. Et pour la première fois depuis très longtemps… même les cultivateurs ressentirent de la peur.
Dans la Forêt de la Brume, située à seulement deux kilomètres du village de Gandon, l’atmosphère devenait de plus en plus oppressante. Le ciel s’était assombri si brutalement qu’Eric et Ma Long crurent assister à une éclipse. Les nuages noirs tourbillonnaient lentement au-dessus des arbres, tandis qu’un vent humide faisait craquer les branches comme des os brisés. Même la forêt semblait différente. Plus silencieuse. Plus lourde. La biche qu’ils poursuivaient depuis tout à l’heure avait disparu entre les arbres.
« Elle était juste devant nous… » murmura Eric en observant les alentours. Ma Long fronça les sourcils. Même lui commençait à ressentir un malaise difficile à expliquer. La visibilité diminuait rapidement. À cause du brouillard et de la pluie, il devenait presque impossible de voir au-delà d’une centaine de mètres. Un éclair traversa soudainement le ciel. BOOOOM ! Le tonnerre éclata avec une violence terrifiante. Eric leva les yeux vers les nuages noirs.
Son expression devint sérieuse. « Dieu est énervé… et tous ces changements en sont la preuve. » Il serra légèrement son arc avant de continuer : « Maintenant, nous devons absolument attraper cette biche et faire un sacrifice pour apaiser sa colère. Séparons-nous pour couvrir plus de terrain. »
Le village de Gandon était profondément croyant. Ses habitants vivaient isolés du reste du monde depuis des générations et croyaient tous en une existence suprême, unique, omnipotente et omnisciente, créatrice de tout ce qui existait dans le monde visible comme dans le monde invisible. Pour eux, rien n’arrivait par hasard. Et cette tempête… N’avait rien de naturel.
Ma Long, lui, ne partageait pas totalement cet enthousiasme. Son regard parcourait nerveusement la forêt. « Pourquoi ne pas rentrer ? » dit-il d’une voix plus basse. « On ne voit même plus à cent mètres… »
Ce n’était pas de la lâcheté. C’était de la peur. Une peur profondément enracinée.
Lorsqu’il avait huit ans, Ma Long s’était perdu dans cette même forêt pendant plus d’un mois. Les recherches du village avaient presque été abandonnées lorsqu’on l’avait finalement retrouvé, maigre, couvert de blessures… mais vivant. Par miracle, il avait survécu en trouvant la carcasse d’une créature inconnue au cœur de la forêt.
Après cet événement, quelque chose avait changé chez lui. Son corps avait commencé à se transformer à une vitesse anormale. Sa croissance était devenue monstrueuse. À douze ans seulement, il mesurait déjà près de deux mètres et possédait une force capable d’écraser les meilleurs guerriers du village. Même les anciens ne comprenaient pas ce qui lui était arrivé. Mais Eric savait une chose : Depuis ce jour, Ma Long n’avait jamais vraiment cessé d’avoir peur de cette forêt.
Eric posa une main sur son épaule. « Attends-moi ici. Je reviens dans trente minutes maximum. » « Eric— » Mais il était déjà parti. Il s’enfonça rapidement entre les arbres, disparaissant dans le brouillard avant même que Ma Long ne puisse protester davantage. Le vent soufflait de plus en plus fort. Les feuilles tremblaient. La forêt semblait respirer. Eric avançait rapidement, concentré. Le sol boueux, détrempé par la pluie, lui permit rapidement de retrouver les traces de la biche. Ses empreintes étaient encore fraîches. Il s’accroupit. Toucha la boue. Puis releva les yeux. « Tu ne m’échapperas pas… »
Eric était un excellent pisteur. Bien qu’il soit physiquement inférieur à Ma Long, son sens de l’observation et sa précision faisaient de lui un chasseur redoutable. Il progressa silencieusement entre les arbres. Puis il la vit. La biche. Immobile. Debout entre deux troncs noirs. Comme si elle l’attendait. Pendant un instant, Eric sentit un étrange frisson parcourir son dos. Les yeux de l’animal semblaient… anormalement calmes. Presque humains.
Mais il secoua immédiatement la tête. « Je me fais des idées… » Il inspira profondément. Puis se mit en position. Son arc grinça légèrement lorsqu’il tira la corde. Le vent sembla ralentir. La pluie diminua. Même les arbres cessèrent de bouger. Comme si le monde retenait son souffle.
Eric visa. Et décocha sa flèche. FWIIIIISH !
La flèche traversa l’air avec une précision parfaite. CRACK ! Elle explosa le crâne de la biche, qui s’effondra immédiatement dans la boue sans même pousser un cri. Un tir mortel. Net. Précis. Eric relâcha lentement sa respiration. « Désolé… » Il savait qu’il devait rentrer rapidement avant que Ma Long ne panique davantage. La tempête empirait de minute en minute. Il s’approcha du cadavre de l’animal. Puis posa un genou au sol. Comme le voulait la tradition du village, il joignit les mains et commença une prière. « Nous demandons pardon à Dieu Tout-Puissant… l’Unique… le Créateur de toutes choses et de tout… dans le monde visible comme dans le monde invisible… » Puis il se prosterna.
Et à cet instant précis… Le monde changea. SCRRRRRRIIIIIIIIIIIIIIII— Un bruit aigu et insupportable déchira brutalement l’air. Eric releva immédiatement la tête. Son cœur se serra. Ce n’était pas un bruit naturel. C’était comme… Comme si la réalité elle-même venait d’être déchirée. Le vent s’arrêta instantanément. La pluie cessa. Même le tonnerre disparut. Le silence devint absolu. Puis… BOOM. Un second son résonna. Plus profond. Plus ancien. Comme un battement de cœur gigantesque provenant des profondeurs du ciel.
À des milliers de kilomètres de là, dans la secte de l’Ouragan Sacré, ce son fut perçu comme un présage apocalyptique. Le chaos éclata immédiatement. Des disciples s’effondrèrent au sol en pleurant. D’autres vomirent du sang sous la pression invisible qui venait de traverser le ciel.
Même les Elders pâlirent. « Q-Qu’est-ce que c’était ?! »
« Le ciel vient de… trembler ?! » « Impossible… »
Au sommet de la montagne centrale de la secte, un jeune homme vêtu d’une robe noire regardait le ciel avec stupeur. À côté de lui se tenait un vieil homme à la longue barbe blanche. Le maitre de secte. Pour la première fois depuis des décennies… son visage montrait de l’inquiétude.
« Maître… qu’est-ce qui se passe ? » demanda le jeune homme. Le vieil homme resta silencieux plusieurs secondes. Puis répondit d’une voix grave : « Je ne sais pas… » Même lui ignorait l’origine de cette sensation. Et cela était précisément ce qui le terrifiait. Il leva brusquement la main.
« Activez immédiatement la formation protectrice à son plein potentiel ! » « Oui, Maître de secte ! » Des dizaines de gardes disparurent instantanément dans toutes les directions. Quelques secondes plus tard, d’immenses symboles lumineux apparurent autour de la secte entière, formant une gigantesque barrière dans le ciel.
Mais malgré cela… le vieux maître continuait de regarder l’horizon avec inquiétude. Comme s’il sentait qu’une catastrophe impossible venait d’entrer dans leur monde.
Encore plus loin… Dans un endroit que même les grandes sectes considéraient comme une légende… trois continents flottaient dans le vide. Au centre de ces terres suspendues se trouvait un palais colossal baigné d’une lumière ancienne. Dans les profondeurs d’une salle secrète, un cercueil noir s’ouvrit lentement. CLACK. Une aura terrifiante explosa immédiatement dans tout le palais. Le vide trembla. Des fissures apparurent dans l’espace. Puis… un vieil homme ouvrit les yeux. Cela faisait plus de cinq mille ans qu’il dormait. Autour de lui apparurent d’immenses manifestations de bêtes mystiques faites de lumière et d’ombres. Dans ses pupilles tournaient d’anciens symboles dorés représentant les lois fondamentales du Dao du Néon. Sa simple présence suffisait à écraser l’espace.
Deux hommes étaient agenouillés devant lui, incapables de respirer correctement. Le vieil homme leva lentement les yeux. Puis parla. « La Couche d’Orion… a été traversée. »
Les deux hommes sursautèrent brutalement. « Quoi ?! » « Troisième Ancêtre … voulez-vous dire qu’un objet extérieur à notre monde est entré ici ?! »
Le vieux Sage ferma lentement les yeux. « Sans aucun doute. » Sa voix semblait porter le poids des âges. « Faites tout ce qu’il faut pour le récupérer. »
L’atmosphère devint lourde. « Les changements actuels du Néon ne sont pas naturels. C’est comme si une quantité monstrueuse d’énergie avait été introduite de force dans notre monde depuis l’extérieur. » Même les deux hommes commencèrent à trembler.
Le vieil homme poursuivit : « Cet objet pourrait devenir le catalyseur du Khalwa du premier Ancêtre … » Il ouvrit alors les yeux. Et une lueur terrifiante traversa ses pupilles. « …voire provoquer une percée. »
Les deux hommes respirèrent brutalement. Une percée ? À ce niveau ? C’était suffisant pour bouleverser l’équilibre du monde entier. « Ne vous inquiétez pas, Troisième Ancêtre ! Nous partirons immédiatement ! »
Le vieil homme hocha lentement la tête. « Ma divination n’a réussi qu’à l’entrevoir… sa vitesse ressemblait davantage à une téléportation qu’à un déplacement. » Puis il murmura : « Il se dirige vers les terres de l’Est… » « Vous pouvez disposer. »
Les deux hommes disparurent immédiatement. Mais dès qu’ils quittèrent la salle… Le vieux Sage toussa brutalement. PFFFT ! Du sang noir éclaboussa le sol. Son visage pâlit instantanément.
« Si j’avais prolongé la divination quelques secondes de plus… » Sa voix trembla légèrement. « …je serais mort. »
Même lui… un être ayant vécu cinq millénaires… avait failli mourir simplement en observant cet objet. Il regarda le vide silencieusement. « Qu’est-ce… que tu es exactement… ? » Puis il retourna lentement dans son cercueil mystérieux afin de soigner ses blessures.
Dans de nombreux endroits du monde… la même scène se répétait. Les anciens Sages réveillaient leurs disciples. Les grandes sectes entraient en alerte. Tous donnaient le même ordre : « Allez vers les Terres de l’Est. » Pendant ce temps… dans la Forêt de la Brume… Eric venait de se relever après sa prosternation. Et devant lui… quelque chose flottait au-dessus du cadavre de la biche. Un vieux livre noir. Ancien. Usé. Mais vivant. Il pulsait comme un cœur. BOOM. BOOM. BOOM. À chaque pulsation… des ondulations visibles apparaissaient dans l’air. Comme si l’espace lui-même se déformait autour de l’objet. Eric resta figé. Incapable de respirer. Puis lentement… très lentement… il tendit la main vers le livre.
